Les modernes et la négativité

Par Daniele Carluccio, publié dans Fabula – Recherche en littérature

Modernités, n° 33, 2012 : « Nihilismes ? », sous la direction de Éric Benoit et Dominique Rabaté, EAN 9782867817663.

Mot(s)-clé(s): Modernité – Littérature – Nihilisme – Néant

Explorer la littérature moderne revient à se confronter, inévitablement, à la négativité qui lui est inhérente. La revue Modernités, qui concrétise périodiquement les activités d’un groupe de recherche de l’Université Bordeaux III, a abordé cette béance sous bien des angles depuis une dizaine d’années. Après avoir traité du sujet de l’isolement romantique et post-romantique (Modernités, 19 : « L’invention du solitaire »), puis, notamment, les thématiques du deuil (21 : « Deuil et littérature ») et du mal (29 : « Puissances du mal »), elle propose à présent un questionnement très ample du nihilisme, couvrant le champ de la littérature française des xixe et xxe siècles, et s’aventurant également au‑delà de ces frontières, du côté de Leopardi, de la modernité allemande ou russe, et même du cinéma américain. On comprend que le pluriel du titre « Nihilismes ? » vienne redoubler celui du nom de la collection : à la lumière de ces objets d’étude, le nihilisme paraît aussi diffus dans la culture occidentale que divers dans ses manifestations. Quant au recours à l’interrogation, il évoque un précédent numéro, paru en 2010, intitulé « En quel nom parler ? », qui considérait la légitimité de la parole singulière, forcément précaire dans le régime démocratique. Le nihilisme, en effet, est la précarité même, se fondant sur un objet qui demeure, par‑delà son apparente omniprésence, impalpable. Symptomatiquement, ce 33e volume de Modernités est le premier depuis longtemps à ne présenter aucune illustration en couverture… [+]

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