“Cioran, le funambule de l’abîme” (Cyrille Godefroy)

La cause littéraire, 10/11/15

Biographèmes

Emil Cioran naît en 1911 dans un petit village de Roumanie, Rasinari. Son père est un pope lettré, sa mère est une athée à tendance mélancolique.

A 11 ans, son père le place dans une pension à Sibiu pour ses études.

En 1928, il rejoint Bucarest où il suit des études de philosophie. Trois ans plus tard, il obtient sa licence de philosophie.

En 1933, boursier, il part étudier en Allemagne où il assiste à la montée de l’hitlérisme.

En 1934 paraît son premier livre Sur les cimes du désespoir.

En 1936, il enseigne pendant un an la philosophie, son unique expérience salariale.

En 1937, il s’exile en France où il poursuit sa carrière d’écrivain.

En 1942, il rencontre Simone Boué qui deviendra sa compagne.

Atteint, dès 1991, de la maladie d’Alzheimer, il meurt en 1995 à Paris.

Un sceptique tourmenté, corrosif et… péremptoire

Etiqueté nihiliste, négativiste, réactionnaire, mystique ou moraliste par le public, Cioran se distingue avant tout par un scepticisme incandescent, lequel prend sa source dans le gouffre de l’insomnie. En effet, Cioran est affecté très tôt par des crises de veille ininterrompues, des agonies sans fin qui modifient radicalement son rapport au temps et accroît son étrangeté au monde avec lequel il entre en conflit. Il prend conscience de l’inanité de l’existence, des limites de l’entendement et de la perception.

Son amarescente perplexité résulte également d’une irréparable tocade à laquelle il cède dans les années 30, comme nombre de ses contemporains : l’exaltation pour le vitalisme nazi puis pour le mouvement fasciste La Garde de fer qui prône la régénération morale de la Roumanie. Une fois établi en France, il déplore profondément cet égarement de jeunesse et se promet de ne plus adhérer à aucune idéologie ni utopie quelle qu’elle soit… [+]

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