“Emil Cioran : La déchirure d’exister ou les affres de l’insoluble” (Vincent Piednoir)

Horizons philosophiques, vol. 16, n° 2, 2006, p. 119-141 [Pdf]
Héritage et réception de la pensée existentialiste
Sous la direction de Martine Béland et Dominic Desroches
Direction : Ghyslaine Guertin (directrice)
Éditeur : Collège Édouard-Montpetit
ISSN : 1181-9227 (imprimé)  1920-2954 (numérique)
DOI : 10.7202/801322ar

«Exister est un phénomène colossal — qui n’a aucun sens. C’est ainsi que je définirais l’ahurissement dans lequel je vis jour après jour». (Écartèlement)

Emil Cioran (1911-1995) s’est initié très tôt aux problèmes posés par la philosophie de l’existence. À quinze ans, il se passionne pour Kierkegaard, contre l’idéalisme hégélien, qui le fascine néanmoins. Dès 1932, il lit Sein und Zeit, et s’intéresse de près au Russe Lev Chestov, tandis qu’il se nourrit du vitalisme de Bergson et de ceux de Schopenhauer et de Spengler, notamment. Lecteur acharné, héritier de multiples influences excédant d’ailleurs la discipline philosophique, il nous a laissé une pensée originale qui résonne comme le témoignage d’une expérience à la fois désabusée, angoissée et révoltée de l’existence humaine. Entre terreur de l’impasse et haine viscérale de l’illusion, l’ami de Beckett et de Ionesco reflète l’impuissance du connaître face au monde. Nous avons cherché, dans ce qui suit, à saisir la continuité de cette Å“uvre profondément antinomique, qui diagnostique une impossibilité d’être et de penser, sans jamais préconiser de véritable solution… [+]

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