“The last side of hope: Cioran and Adorno” (Ovidiu-Marius BocƟa)

The Proceedings of the International Conference Literature, Discourse and Multicultural Dialogue

Volume no. 2, 2014
Conference date: 4-5 December 2014
Location: TĂźrgu-Mureș, Mureș
Editorial Information:
Iulian Boldea (Coordinator)
Identities in Metamorphosis. Literature, Discourse and Multicultural Dialogue, Arhipelag XXI Press, TĂźrgu-Mureș, Mureș, 2014, ISBN: 978-606-93691-9-7
(C) Arhipelag XXI Press, 2014

Abstract: Three things I have to say here, about Emil Cioran in a reasoned parallel with Theodor W. Adorno: The first thing is to highlight some issues that I would argue that Cioran’s story resembles that of “The Last Unicorn” by Peter Beagle, – I mean the creature called to account for being. In his turn, Theodor Adorno was considered the last genius of his century. Like his colleagues of so-called “generation 37”, Cioran belongs to the year of publishing the Heidegger’s major work: “Sein und Zeit”. This work explains that, at a certain level, man himself is time, therefore, responsible to bear the burden of knowledge.
The second thing refers to the discourse (of the two thinkers), which have some affinities supplemented in various shades, achieving emotional color, so specifically , thereby providing a kind of code that would establish the link between text and reader motivated to keep his conscience awake. To what extent code at stake involves a particular way of communication; I also try to show, by looking for some enlightening analogies, or by looking for some models of reception. The “writing” (l’écriture) of everyone is his “inhabited path”, along with the own sadness, silence, and the gleam of hope.
The third and most difficult thing that I have proposed in this paper, is to follow the negative dialectic discourse of the two thinkers with the support of the less known “10 theses of philosophers` speech” proposed by Theodor W. Adorno.

Keywords: “The Last Unicorn”, discourse, writing, reception, “10 Adornian theses”

Introduction:

Ce qui nous rend tournons notre regard vers une histoire bien connue, est un peu le destin du Emil Cioran : « Mais qui, parmi nous, consentirait au recommencement indĂ©fini de l’histoire dans sa totalitĂ© ? Avec chaque Ă©vĂ©nement qui s’y produit, et qui nous apparaĂźt nĂ©cessairement irrĂ©versible, nous avançons d’un pas vers un dĂ©nouement unique, selon le rythme du progrĂšs dont nous adoptons le schĂ©ma et refusons, bien entendu, les balivernes. Nous progressons, oui, nous galopons mĂȘme, vers un dĂ©sastre prĂ©cis, et non vers quelque mirifique perfection. »

Si on peut expliquer l’homme Cioran et son travaille, il est necessaire d`observer que “Le centre d’intĂ©rĂȘt de l’individu se dĂ©place de son milieu subjectif vers une fade objectivitĂ©; l’homme se dĂ©sintĂ©resse alors de son propre destin, de son Ă©volution intĂ©rieure, pour s’attacher Ă  n’importe quoi: l’Ɠuvre vĂ©ritable, qui devrait ĂȘtre une activitĂ© de permanente transfiguration, est devenue un moyen d’extĂ©riorisation qui lui fait quitter l’intime de son ĂȘtre. Il est significatif que le travail en soit venu Ă  dĂ©signer une activitĂ© purement extĂ©rieure: aussi, l’homme ne s’n’y rĂ©alise-t-il pas -il rĂ©alise. » Si pour un philosophe-poet comme Lucian Blaga “le style c`est l`homme, lui-mĂȘme”, le style chez Cioran est plutĂŽt la mĂ©diation de l’expression et peut ĂȘtre comme moyen de dĂ©tachement.

En parallĂšle, pour les nombreux exĂ©gĂštes, toute tentative d’aborder les Ă©crits d’Adorno est une escalade d`une montagne inaccessible : sans accĂšs Ă  vue d’ensemble, ils sont heureux de parler de nihilisme. Pour Annie PalanchĂ© : “Vouloir comprendre Adorno c’est une ambition qui Ă  son dĂ©part tĂ©moigne d’une grande ignorance de la difficultĂ©. Tout chez cet auteur est difficile: les mots, le style, les champs de rĂ©flexion (ThĂ©orie esthetique Dialectique nĂ©gative, Dialectique de la raison, Imagination dialectique, etc.) et enfin la pensĂ©e ellemĂȘme”.

Texte et discours: la vision d’un territoire liĂ© Ă  l’Ă©thique

Nous pouvons parler de constructions linguistiques, pour un discours pessimist, par laquelle Schopenhauer voyait le monde comme volontĂ© et comme reprĂ©sentation. Mais, pour Cioran et Adorno reconstruire la parole de tentatives ĂągĂ©es Ă  constructions linguistiques, – c’est Ă  dire des concepts chargĂ©s avec leur propre histoire, l’expĂ©rience culturelle et illusions de la libertĂ©- les constructions utopiques ne sont jamais allĂ©es tout le chemin. Ces expĂ©riences sont Ă©laborĂ©es et dĂ©veloppĂ©es Ă  la douleur humaine, la souffrance de l’environnement, la souffrance de la nature et mĂȘme la souffrance de la planĂšte.

Selon Aymen Hacen: ”L’extrĂȘme luciditĂ© de Cioran l’apparente au scepticisme de Montaigne, aux crises religieuses et mystiques de Pascal, au pessimisme De La Rochefoucauld, aux portraits de la BruyĂšre, Ă  la rĂ©volte de Chamfort et aux rĂ©flexions avantgardistes, Joubert sur la thĂ©rapie par l’Ă©criture”.

Si Emil Cioran est un dĂ©fi permanent Ă  l’intelligence (et il est conscient de l`effort des lecteurs pour choisir le fil qui mĂšne Ă  travers le labyrinthe de ses pensĂ©es), Theodor W.Adorno est vu dans une version similaire, comme le «derniĂšre gĂ©nie» du siĂšcle prĂ©cĂ©dent. Les deux penseurs avec les spĂ©cificitĂ©s de leur bilinguisme appartiennent Ă  un siĂšcle avec de nombreuses convulsions sociales, thĂ©ories sĂ©duisantes, et Ă©vĂ©nements tragiques.

Je vois la tentative de mettre l’accent sur la dialectique nĂ©gative comme hypothĂšse de toute approche: « La philosophie est essentiellement irrĂ©sumable, sinon elle serait superflue ». Pour Adorno, “ecrire un poĂšme aprĂšs Auschwitz est barbare”. Il souligne que l’art “a toujours Ă©tĂ© et demeure une force de protestation de l’humain contre la pression des institutions qui reprĂ©sentent la domination autoritaire”. L`analogie avec la musique est Ă©vidente dans le cas de Schoenberg,Un survivant de Varsovie, Ă  propos de laquelle Adorno Ă©crit : “Le noyau expressif de Schoenberg, l’angoisse, s’identifie Ă  l’angoisse associĂ©e aux mille morts des hommes dans un rĂ©gime totalitaire”.

Le texte littĂ©raire et le texte philosophique pouvent fusionner en suggĂ©rant les mĂȘmes questions et en trouvant des rĂ©ponses similaires, et dans ce cas, diffĂ©rents styles ont les mĂȘmes “traces habitĂ©es” : « Notions morales de bonheur, ou le scepticisme, mais il est aux antipodes ont des notes en commun, ils ne sont pas limitĂ©s aux ĂȘtats et aux actes ; ils peuvent ĂȘtre compris que si nous limitons les activitĂ©s, mais les activitĂ©s non comme pratique ou thĂ©orique
 mais ils deviennent Ă©difiants et reprĂ©sentatifs 
 en atteignant le seuil de valorisation“… [PDF]