“Barthes, Cioran, Bataille et ‘la transcendence’ qui ne cesse de s’écrire… de l’autre à l’absolument autre” (Gabriel Popescu)

Cahiers Emil Cioran – Approches Critiques, VII, Editura Universităţii “Lucian Blaga” (Sibiu); Les Sept Dormants (Leuven), 2006

Argument

Inspire par “l’interminable”, “l’incessant'” dans la theorisation obsessive de Blanchot — à observer que la demarche qui suivra se situera dans la trace de l’auteur de l’Espace litteraire sans que, pour autant, elle ait la pretention d’etre blanchotienne… –, nous dirons que, dans les cas de Barthes, Cioran et Bataille, un certain rapport sera leur “interminable”, leur “incessant”. C’est le rapport de Barthes aux Discours stéréotypes (les philosophies, les sciences et les psychologies) ; e’est le rapport de Cioran à la philosophie ; enfin, c’est le rapport de Bataille à la theologie.

Notre hypothese (nous risquons même de dire: notre thèse) est que l’oeuvre entière de ces trois auteurs a pour Origine ces rapports qu’ils essaient de terminer plus d’une fois pendant toute leur vie, mais vainement… Chaque fois qu’ils tentent de dé-finir ces rapports, ils ne reussissent à le faire que pour l’instant – quand il y intervient “la maîtrise”, c’est-à-dire “le pouvoir (…) d’interrompre ce qui s’ecrit'” : ces rapports mêmes … C’est dans cet instant que tous ces trois auteurs parviennent “à dire <Je>”, ce qui signifie qu’ils avaient regagné “le pouvoir de dire <Je>”(a voir la note 1).

Mais la nature de ces rapports est d’être au-delà de toute tentative de la dé-finir : littéralement, est d’être in-finie …Une telle nature fait que ces rapports soient meme au-delà des “rapports” – étant donné le fait qu’en tant que notion le “rapport” ne fait rien d’autre que dé-finir… On doit y rappeler qu’un théologien comme Tillich, dans une exégèse de la pensée de Dénys l’Areopagite, affirme que “…Dieu est au-delà de Dieu (…)”. C’est toujours Tillich qui avoue qu’inspire par les idées de Dénys l’Areopagite, il a énoncé la formule “Dieu au-dessus de Dieu”.

il nous reste à faire un dernier pas, à savoir que pour les oeuvres de Barthes, Cioran et Bataille ces rapports jouent le rôle d’une “transcendance” …À la limite on pourrait dire que, si l’on voulait chercher à tout prix un Dieu dans les oeuvres de ceux-ci, alors c’est ici, dans ces rapports, que l’on pourrait le trouver… [PDF]