“Sobre a França” de Emil Cioran

e3f9ce851180e3907b50062fc20234abLivro crucial de Cioran. Ele escreve, ainda em romeno mas já na França, uma ode à França, amada inclusive em sua decadência, em seu fim, em sua queda, que não poderá ser sem grandeza por ter sido, a França, tão grande. A Inglaterra, a Alemanha, até a Rússia são mais fortes? Talvez. Mas é pela França que seu coração bate. A larva de ontem é, hoje, crisálida, e amanhã o imago abrirá suas asas sobre as letras francesas, e a Decadência se tornará Decomposição, num magistral Breviário. O novo Cioran surge tão rapidamente, tão subitamente, que nos perguntamos qual mistério pode se ocultar por detrás desta data: 1941. (da introdução de Alain Paruit)

SOBRE A FRANÇA

Editora: Ayine
Tradução: Luciana Persice Nogueira
Revisão: Maria Fernanda Alvares
Preparação: Mariana Delfini
Capa: Julia Geiser
Série: BIBLIOTECA ANTAGONISTA
Tags: Filosofia literatura europeia
Ano de publicação: 2016 Páginas: 119
ISBN: 978-85-92649-03-6

Entretien avec Aurel Cioran (1914-1997), par Claudio Mutti)

Emil-si-Aurel-CioranParu dans VOXNR.Com, Dimanche, 2 Février 2003. Propos recueillis à Sibiu le 3 août 1995 par Claudio Mutti et parus dans la revue Origini, n° 13/février 1996.

Q.: Dans la nouvelle nomenclature des rues de Bucarest, on trouve aujourd’hui le nom de Mircea Eliade, mais à Sibiu, il n’y a pas encore de rue portant le nom d’Emil Cioran. Que représente Cioran pour ses concitoyens de Sibiu à l’heure actuelle?

AC: Donner un nom à une rue ou à une place dépend des autorités municipales. Normalement, il faut qu’un peu de temps passe après la mort d’une personnalité pour que son nom entre dans la toponymie. Quant à ce qui concerne les habitants de Sibiu et en particulier les intellectuels locaux, ils ne seront pas en mesure de donner une réponse précise à votre question.

Q.: Je vais vous la formuler autrement. Dans une ville où il y a une faculté de théologie, comment est accueilli un penseur aussi négativiste (du moins en apparence…) que votre frère?

AC: Vous avez bien fait d’ajouter en apparence. Dans un passage où il parle de lui-même à la troisième personne et qui a été publié pour la première fois dans les Œuvres complètes de Gallimard, mon frère parle très exactement du ³paradoxe d’une pensée en apparence négative. Il écrit: “Nous sommes en présence d’une œuvre à la fois religieuse et antireligieuse où s’exprime une sensibilité mystique”. En effet, je considère qu’il est tout à fait absurde de coller l’étiquette d’athée sur le dos de mon frère, comme on l’a fait depuis tant d’années. Mon frère parle de Dieu sur chacune des pages qu’il a écrites, avec les accents d’un véritable mystique original. C’est justement sur ce thème que je suis intervenu lors d’un symposium qui a eu lieu ici à Sibiu. Je vais vous citer un autre passage qui remonte à 1990 et qui a été publié en roumain dans la revue Agorà: “Personnellement, je crois que la religion va beaucoup plus en profondeur que toute autre forme de réflexion émanant de l’esprit humain et que la vraie vision de la vie est la vision religieuse. L’homme qui n’est pas passé par le filtre de la religion et qui n’a jamais connu la tentation religieuse est un homme vide. Pour moi, l’histoire universelle équivaut au déploiement du péché originel et c’est de ce côté-là que je me sens le plus proche de la religion”… [+]

Le Monde: “Cioran et la chute de l’homme dans le temps”

mondeCe vendredi 8 avril a lieu la commémoration de son centième anniversaire (soit 15 ans après qu’Emil Cioran a rejoint les anges).

Par Pierre Assouline

LE MONDE DES LIVRES | 07.04.2011 à 10h39 [source]

Inutile de se précipiter sur le souple pavé “Quarto” réunissant ses oeuvres complètes, ni sur l’épais “Cahier” que l’Herne lui a consacré, pour y chercher une ou deux maximes juste assez désespérées, de nature à coller avec la commémoration de son centième anniversaire, ce vendredi 8 avril (soit 15 ans après qu’Emil Cioran a rejoint les anges). Tout ce qui est sorti de sa plume ne parle que de cela : la chute de l’homme dans le temps.

Les cioranologues, cioranophiles et cioranolâtres ont pu néanmoins lui souhaiter de vive voix un bon anniversaire. Non pas devant sa tombe au cimetière Montparnasse : c’est là qu’on a le plus de chances de le trouver absent. Plutôt ailleurs, précisément. Ces derniers jours, on pouvait saluer son spectre mélancolique dans la salle byzantine du Palais de Béhague. L’ambassade de Roumanie avait pris des allures de ciorangerie pour la circonstance : Alain Lecucq et sa compagnie y jouaient Mansarde à Paris, une pièce de Matei Visniec, histoire d’un philosophe franco-roumain qui, en quittant les bureaux de son éditeur, oublie l’itinéraire menant de la rue Sébastien-Bottin au carrefour de l’Odéon et se perd en Europe. Si la ville avait songé à apposer une plaque commémorative sur la façade du 21 de la rue de l’Odéon, rappelant qu’ici vécut un maître en syllogismes de l’amertume, sûr qu’il serait arrivé à bon port. Ce geste commémoratif fut d’ailleurs solennellement exigé lors d’un brillant colloque consacré au pessimiste jubilatoire au Salon du livre. Il y fut question de la fécondité de ses contradictions, du sens de son incohérence et du salut par l’oxymoron. La moindre des choses pour un paradoxe fait homme. Incidemment, on apprit que sa bibliothèque même était bancale ; il est vrai qu’il avait cru bon se faire menuisier pour l’occasion.

A Paris toujours, mais cette fois du côté de l’Hôtel Drouot, on s’apprête à célébrer un centenaire plus sonnant et trébuchant. Simone Baulez, l’opiniâtre brocanteuse qui sauva une trentaine de cahiers, dont le journal inédit du moraliste et plusieurs versions dépressives du fameux De l’inconvénient d’être né, en débarrassant sa cave, s’est vue confirmée dans ses droits par la cour d’appel à l’issue de plusieurs années de procédure. Encore faut-il qu’elle récupère son bien. Or la chambre nationale des commissaires-priseurs, adoptant une attitude kafkaïenne qui eût certainement inspiré l’Emil, refuse de lever le séquestre sur les documents tant qu’une décision de justice ne le lui ordonne pas expressément. On en est là, en attendant qu’une juridiction soit saisie par son avocat, Me Rappaport. Mais la brocanteuse, qui s’est engagée à tout céder en bloc, n’est pas pressée ; à ce jour, outre l’ambassade de Roumanie, le Musée des Lettres et Manuscrits a manifesté son intérêt.

Cioran à l’encan

En attendant, incroyable coïncidence, jeudi 7 avril, soit quelques heures avant que les saints en larmes ne soufflent ses bougies d’anniversaire, Cioran se retrouve à l’encan à Drouot sous le marteau de Binoche & Giquello, dans l’espoir que la vente atteigne des cimes. Discrétion oblige, on en ignore la provenance mais on peut la supposer familiale ; en effet, outre des textes manuscrits autographes et des notes de lecture, ces archives (122 numéros) valent surtout par l’importante correspondance intime de Cioran échangée entre 1933 et 1983 avec ses parents et son frère Aurel, ainsi que par des documents aussi personnels que ses diplômes, passeports, cartes d’identité, cartes d’admission à la Bibliothèque nationale, cartes de chemin de fer, etc. Toute dispersion est un serrement de coeur car elle est dispersion. N’empêche qu’à lui seul, le catalogue est déjà un document excitant pour les biographes, généticiens et historiens de la littérature. Tout ce que déteste Milan Kundera, si l’on en juge par l’édition non critique de ses “Pléiade” parues sous son contrôle. Tant pis pour lui : pour ses 100 ans, Prague ne pavoisera pas, alors que pour ceux de Cioran, Bucarest est en fête. Normal, puisqu’il disait penser en roumain avant d’écrire en français.

Stanislas Pierret, le directeur de l’Institut français de Bucarest, a proposé à Dan Perjovschi de “donner à voir” la pensée de Cioran dans les rues de la capitale. Celui-ci appose donc une trentaine d’affiches, à compter du 8 avril et durant un mois, partout où existent des noeuds de communication. Pour chacune d’elles, un fragment chu de l’oeuvre du moraliste et un dessin au feutre marqueur qui se veut tout sauf son illustration. Un aphorisme visuel en regard d’un aphorisme philosophique. L’un et l’autre enfants de Sibiu,ils se retrouvent à la rue sur les murs de Bucarest. On y lira peut-être ces lignes échappées de Bréviaire des vaincus III (L’Herne) : “Le devoir de celui qui écrit n’est-il pas de se trancher les veines sur la page blanche, de faire ainsi cesser le supplice des mondes informulés ?” Allez, joyeux anniversaire quand même !

Pierre Assouline

Entrevista de Paulo Borges ao filósofo romeno Ciprian Valcan sobre budismo, filosofia, Cioran, Oriente e Ocidente

Fonte: Todo o mundo entre ninguém – 21 de março de 2012

1. Em que medida um melhor conhecimento da filosofia oriental contribui para a transformação da reflexão filosófica da tradição ocidental? No seu caso, como é que o budismo influenciou o estilo de filosofia que pratica?

Conhecer as filosofias orientais – muito diversas entre si – é indispensável para conhecer melhor a própria filosofia ocidental. Por um lado, porque algumas filosofias orientais, como a persa e a indiana, são fruto da mesma matriz linguística e cultural, a indo-europeia, com categorias muito semelhantes às do pensamento ocidental, procedente da submatriz grega do pensamento indoeuropeu. Por outro, porque outras filosofias orientais, como a chinesa e a japonesa, radicam numa matriz linguística e cultural muito distinta, configurando uma heterotopia (Michel Foucault), uma alteridade apenas por contraste com a qual se podem plenamente esclarecer as fundamentais opções que configuraram o destino da filosofia europeia-ocidental e a civilização dela surgida. Não é possível compreender a Europa e a filosofia ocidental sem as confrontar com o pensamento chinês, como hoje mostra François Jullien. O mesmo se pode dizer, embora de forma mais atenuada, da filosofia persa, indiana e tibetana (a qual, embora procedente de outra matriz linguística, incorporou muitas das categorias indianas). Se bem que ligadas a uma matriz comum, estas filosofias exploraram possibilidades muito diversas daquelas que foram sendo predominantemente privilegiadas pelo pensamento ocidental. Pese o risco de generalizações sempre falaciosas, pode dizer-se que as filosofias orientais privilegiam a experiência directa e pré-conceptual da vida e/ou do fundo indeterminado dos fenómenos, enquanto a filosofia ocidental, sobretudo desde Platão e Aristóteles, optou pela determinação conceptual do mundo com fins político-científicos. Outra grande diferença é o antropocentrismo do pensamento ocidental pós-socrático – raiz da actual crise ecológica e da devastação da Terra e dos seres vivos – perante a tendencial empatia cósmica do pensamento oriental com todas as formas de vida, vistas como iguais no seu fundo comum. Seja como for, as tradições são sempre muito mais interligadas do que as histórias da filosofia nos levam a crer. Não há culturas, mas sim entre-culturas… [+]

Una filosofía contra el rencor: entrevista a Peter Sloterdijk

“—Jamás he sido un auténtico cínico. No tengo medios para ello. Ser un cínico coherente exige cualidades físicas y morales de las que carezco. El último gran cínico de nuestra época fue Emile Cioran, que llevó una vida monástica informal. Pero ser el monje de una desesperanza íntima sale caro porque día a día se enfrenta uno a refutaciones escogidas, a la prueba de que la felicidad no está tan lejos ni es tan trascendente. El cinismo es la decisión de no disolverse en la felicidad.” (Peter Sloterdijk)

Clarín, 28/06/2003 (originalmente en Le Point, 14/02/2003, por Elisabeth Levy)

Ahora es de buen tono citarlo. Pero sería injusto reducir a una simple moda el éxito de este filósofo alemán que podríamos describir como un anti-Habermas (él prefiere presentarse como un nietzscheano de izquierdas). En cualquier caso, sus lectores se multiplican.

Peter Sloterdijk es los que viven con intensidad la época que les ha tocado. Manipulación genética, desorden de la cultura, mutación antropotécnica, desaparición de fronteras: no hay nada del futuro que asuste a este pensador postheideggeriano seducido por la tecnociencia. En 1999 se vio envuelto en una polémica al anunciar durante un coloquio las Normas para el parque humano. Los pro y anti-Sloterdijk se cruzaron invectivas a través de la prensa. Pese a ello, la consagración, universitaria y mediática, llegó, ya que a los 54 años fue nombrado rector de la Hochschule für Gestaltung, donde imparte filosofía y estética, y luego elegido para suceder al crítico Marcel Reich-Ranicki como presentador para TV de un programa cultural.

En su espera, quien entonces se inquietaba por la desaparición del humanismo erudito hoy hace alarde de un optimismo sorprendente. El mundo en el que vivirá su hija, de diez años, ya no parece preocuparle. Y mientras continúa con su trabajo, disfruta con apetito de los placeres de la vida. Este gigante ama el amor, la buena literatura, la buena comida y los paseos en bicicleta por los aledaños de su casa de Grignan, en la provincia del DrÉme, donde reside. Muy alemán, sin duda, pero también muy francés.

Desde la publicación de Normas para el parque humano le inquietaba la evolución de la humanidad. Hoy su preocupación parece haber mudado en adhesión al mundo que nos espera. ¿Por qué?

—Después de la Segunda Guerra la filosofía continental se convirtió en una especie de hermenéutica de la catástrofe. Entender la pesadilla, asomarse al abismo, fue la misión principal del pensamiento. Y los filósofos debían comprometerse a que sus textos jamás pudieran servir de coartada a los horrores venideros. De ahí la orientación hacia una filosofía “gótica”, término con el que los ingleses han denominado cierto tipo de literatura, que hace del horror lo sublime del pueblo. En el siglo XIX, en literatura, música e incluso en el campo de las ideas, se había desarrollado el sentido del entretenimiento a través del anuncio del terror. Tras la guerra, la situación general del pensamiento propició la vuelta a lo gótico en el plano teórico. Ya en mi primer libro, Crítica de la razón cínica, rompí con esa estrategia de la fraternidad del terror.

—Entonces, ¿reconoce haber cambiado de estrategia para responder a ese terror? ¿Siente todavía filiación al cinismo griego que invocaba entonces?

—Jamás he sido un auténtico cínico. No tengo medios para ello. Ser un cínico coherente exige cualidades físicas y morales de las que carezco. El último gran cínico de nuestra época fue Emile Cioran, que llevó una vida monástica informal. Pero ser el monje de una desesperanza íntima sale caro porque día a día se enfrenta uno a refutaciones escogidas, a la prueba de que la felicidad no está tan lejos ni es tan trascendente. El cinismo es la decisión de no disolverse en la felicidad.

—Ha comparado asimismo la evolución del mundo con una fiesta de suicidas…

—Se trataba de desembarazarse de esa herencia de la escuela de Francfort que ha marcado mis primeras obras. Ese molde teórico de la izquierda clásica era para mí una especie de consenso del que había que zafarse cuanto más se presentara bajo la forma de un discurso de resistencia a la opinión dominante del país. Pretendiendo ser el representante de una corriente de pensamiento minoritaria, al borde de la extinción, Adorno ejerció una presión ideológica sobre estratos enteros del pensamiento contemporáneo. Ateniéndonos a su biografía, hizo lo correcto ya que perteneció a una generación que pudo escapar del holocausto gracias la emigración. Pero su posición, legítima, quedó anacrónica a mediados de los años setenta.

—Insisto en su cambio de tono…

—Hay que distinguir el pesimismo metodológico del pesimismo existencial. El pesimismo metodológico se impone porque pensar en lo peor es la base misma del análisis. Pero el oficio de profesor consiste en pensar en lo peor llevando una vida feliz. Yo he ensayado mucho, como personaje psicológico que soy, para estar tan desesperado como las teorías que conservaba de los maestros de nuestra generación… Me han hecho falta veinte años para descubrir que soy capaz de meditar sobre lo peor adoptando una actitud existencial orientada a la felicidad. Pues el deber del hombre es ser feliz. Si se quiere escapar de la trampa del resentimiento, hay que desear la felicidad.

—Cuando usted habla de las biotecnologías e incluso de la técnica en general, apenas da muestras de pesimismo metodológico. Más bien se mofa de quienes fustigan, por ejemplo, las prácticas de un Antinori, el médico italiano que dice haber clonado un ser humano…

—Lo importante es no anticipar el futuro a partir de nuestras experiencias del pasado. En una sociedad más o menos medieval, una auténtica innovación tecnológica provoca una revolución. Pero hoy día, que hemos acumulado una experiencia extraordinaria, la introducción moderada y controlada de algunas innovaciones en la manipulación de los genes del hombre, las plantas o los animales ya no constituye un ataque disparatado. Las conquistas actuales son procesos extremadamente regulados. Cada “ciudadano epistemológico” —como información o invención— que reclama el derecho a la inmigración dentro de nuestra sociedad sólo obtiene un estatuto civil tras ser sometido a un estricto examen. Pero la cultura del miedo en la que vivimos descansa en la imagen de la novedad como invasión.

¿No esconde su punto de vista un sueño desmesurado de conocimiento?

—En realidad, el azar es el último aliado del inconsciente católico de los europeos frente a sus opciones existenciales. En la sociedad hay un partido más bien protestante y activista que acepta la fatalidad de poder escoger. Y hay otro de tipo católico, no en el sentido de la profesión de fe sino de la actitud mental, según el cual el único facultado para elegir es el azar. Desde el momento en que la procreación es el fruto de azares diversos, no hay que inmiscuirse. Esta actitud católica es terriblemente poderosa, incluso en un país como Alemania, donde una gran coalición de la superstición quiere que el azar genético decida por nosotros.

—¿Pero si la religión del azar pierde fuerza, podremos aún experimentar la finitud humana?

—Después de la religión del azar viene la sabiduría misma, la sabiduría de la cordura. La manipulación total será siempre una ideología estúpida. Así, los primeros en servirse de la nueva genética serán necesariamente los locos, los detestables. Antinori prueba que todavía se dan encuentros delirantes entre científicos y no científicos. Cierto es que al hombre de ciencias actual se le presenta la posibilidad de ponerse al servicio de los delirios de su clientela, pero he conocido a una decena de investigadores en esos campos y jamás he visto a científicos tan moderados, prudentes y angustiados por su trabajo.

—¿Esa fe en la sabiduría humana no contradice su declaración melancólica sobre la crisis profunda del humanismo erudito?

—Estamos en el umbral de un nuevo compromiso de la cultura en el que el humanismo tradicional deberá ajustar sus cuentas con la tercera cultura, de la que jamás ha tomado nota. Y la tercera cultura no son ni las ciencias puras ni las humanidades, sino todas las ingenierías. Cuando Wilhelm von Humboldt y algunos otros inventaron la universidad moderna en la época de las guerras napoleónicas (lo que se ha dado en llamar neohumanismo prusiano), se fraguó entre Francia y Alemania un diálogo de gran trascendencia sobre el modo en que había que educar en esa nueva época. Y la respuesta fue una mezcla de neoclasicismo y neorrealismo. La batalla cultural del siglo XIX consistió en sellar la paz entre los sabios y la tradición clásica, en reconciliar el humanismo de Weimar con la cultura de las máquinas. En el futuro tendremos una nueva fórmula potente que integre los conocimientos técnicos y la cultura de las ingenierías en esa corriente de base que es la literatura, el primer arte de la escritura. El progreso nunca nace de la renuncia.

—El futuro, en su opinión, implica el abandono del individualismo clásico. Toda su obra reciente, en particular Esferas, trata sobre el ser en su conjunto. “Cada ser está acompañado”, escribe. Hay que radicalizar la idea del vínculo, “alabar la transmisión y refutar la soledad”.

—Hoy en día debemos tener una actitud revisionista con el conjunto de pensamientos caracterizados como la “época de la metafísica”. Yo he intervenido en el proceso contra la sustancia y su soledad. Nuestra cultura ha cometido un error fundamental al hablar del sujeto humano en soledad: ha ido demasiado lejos en la voluntad de analizar. Hay que detenerse en el “dos”. El individualismo metafísico de los occidentales habla del ser humano con una terminología más propia de estrellas, de granos de arena, de individuos físicos que no conocen el éxtasis del ser vecino… Los seres humanos son, a mi modo de ver, seres literalmente surreales porque viven en el surrealismo de sus relaciones siempre recíprocas y asimétricas.

—Hablemos un poco de política. Para usted el combate de la derecha contra la izquierda ha sido largo tiempo el de lo pesado contra lo ligero: la izquierda correspondía al deseo de aligerar la existencia, la derecha, al de recargarla. ¿Es todavía pertinente esa distinción cuando no hay nada más ligero que el capitalismo actual?

—Sí, la flexibilidad cambió de bando. El capitalismo que propone aliviar la vida ocupa el lugar de la antigua izquierda cuya clientela clásica la formaban quienes sufrían una vida demasiado dura. Uno se hacía de izquierdas para compartir la vida con la de aquéllos que no lo tenían precisamente fácil. En el fondo es muy simple. No se trata de moral abstracta, sino de una idea concreta de la Justicia.

—Pero de ahí a apelar, como usted hizo, a una internacional de empresarios…

—¡Pero claro! Los empresarios comparten el destino de los trabajadores. Desempeñan un trabajo preciso y difícil… No hablo de la nueva y frívola clase de líder, sino de quienes se comprometen en la producción de bienes concretos. Esos empresarios se reunirán con el antiguo proletariado porque tanto unos como otros saben que están contribuyendo a la producción. Existe verdaderamente una nueva oposición entre producción y especulación. Para ser conservador, hay que poseer bienes que merezcan ser conservados. Cualquier coleccionista de vinos sabe que no se beberá sus mejores cosechas. Y ello es válido para todas las culturas materiales cuya supervivencia podemos desear para otra generación de usuarios. Ahí tiene una definición bastante elegante y convincente de un buen conservadurismo. Si nada merece ser preservado, resulta en vano luchar por el acceso de las masas a los bienes de las elites.

—¿Una escuela que transmite conocimientos merece, desde esa perspectiva, ser conservada?

—La educación en sí es en esencia una actividad conservadora. Un profesor progresista es un conservador que esconde el lado retrógrado de su actividad. A un verdadero educador no se le ocurriría proponer, como acaba de hacer el nuevo ministro de Cultura en Alemania, la introducción de la música pop en la enseñanza escolar. Esa locura pretendidamente progresista oculta un núcleo vacío o reaccionario. En resumen, habría que ser conservador con las riquezas adquiridas. No se puede pertenecer a una civilización si se la desprecia. La civilización no consiste sólo en saber hacer, sino en saber apreciar la riqueza. Y ser de izquierdas equivale a combatir la pobreza en todos sus ámbitos.

—¿Es ésa la izquierda nietzscheniana que reclama?

—Sí, Nietzsche es precisamente el partisano, el profeta de esa riqueza sin mala conciencia a condición, claro está, de no adherir a una concepción estúpida de la riqueza. Sin amor por la riqueza uno se queda siempre en la política del resentimiento. Y ese punto de la encrucijada conduce con demasiada facilidad a las autopistas del fascismo.

—¿El riesgo es ese “fascismo de entretenimiento” del que ha hablado?

—Reservo el término “fascismo de entretenimiento” a fenómenos que pertenecen estrictamente al registro mediático. Pensaba en la caza de brujas y, en mayor medida, en la transformación del sistema parlamentario en una auténtica feria. Es lo que yo llamo la sociedad de la arena. El circo romano venció al estadio del atletismo de los griegos. Y en la arena romana nació el fascismo de entretenimiento.

—Para usted el auténtico peligro fascista del futuro está en Estados Unidos.

—Asusta ver con qué facilidad el sentimentalismo, el resentimiento y el belicismo pueden invadir la Casa Blanca. La inverosimilitud de la democracia como estilo de vida es mucho más palpable cuando uno vive en Estados Unidos porque la heterogeneidad social es tal que, sin un delirio que compartir, la sociedad se descompondría de un momento a otro. Y hay que renovar sin cesar el pretendido contrato social. Si resulta tan grato hablar con los norteamericanos es porque han aprendido a publicitar su personalidad, mientras que nosotros, los europeos, a imagen de aristócratas de otro tiempo, guardamos con celo los secretos de familia. La reserva es específica de Europa. Aquí nos guardamos lo más interesante.

—¿Pero cree en el choque de civilizaciones?

—Eso ya lo hemos dejado atrás. Huntington, como sabe, es un reciclador de ideas. Su genio radica en haber conseguido vender a los norteamericanos la antigua guerra contra los turcos, cuando no tienen ni frontera con ellos. Si de verdad queremos saber en qué punto estamos del choque de civilizaciones, deberíamos leer las cartas en que Voltaire anima a la zarina Catalina a atacar al imperio musulmán en nombre de la civilización y le otorga la bendición de la ilustración para emprender esa guerra civilizadora. Ahí está el choque de civilizaciones. Y los norteamericanos se lo han tragado…

—La vida, escribe, sólo se justifica por la generosidad. ¿Pero cómo distinguir esa generosidad nietzscheana del humanitarismo llano de los buenos sentimientos?

—Es una difícil distinción. Algunos buenos cristianos se creen los mejores nietzscheanos. Según ellos, Nietzsche habría subestimado el lado generoso del cristianismo insistiendo en el resentimiento de éste sin entender que la figura del santo, como la del sabio, es portadora de la idea de derroche incondicional. ¿Nietzsche habría a su vez carecido de generosidad al ignorar ese aspecto sublime del cristianismo? Hoy en día, los impuestos han sustituido a la idea de santidad. Cada millonario da la mitad de su abrigo sin ser canonizado

—Hablemos de Europa ¿El acercamiento de Francia y Alemania contra la guerra en Irak sentó las bases de una Europa capaz de oponerse a EE.UU. o traduce una voluntad de salirse de la historia?

—Hay que reconocerle al secretario de Defensa de Estados Unidos, Donald Rumsfeld, su rentable grosería: la idea de que Francia y Alemania son un problema es innegable. Aparece así una Europa escindida entre un bando compatible con Bush y un bando incompatible. Es lo que se ve, aunque no sea así. Admitámoslo: una falla recorre efectivamente Occidente, pero su línea de ruptura no surge de las vulgaridades de Rumsfeld. La vieja Europa, dignamente representada por Francia y Alemania, es la fracción avanzada de Occidente, que, tras las lecciones aprendidas en el siglo XX, se ha convertido a un estilo cultural postheroico. Estados Unidos, por el contrario, se aferra a las convenciones afectivas y políticas del heroísmo. Héroes como Rumsfeld y Bush están absolutamente convencidos de que es la fuerza la que otorga libertad, y que la cultura y las leyes sólo valen cuando el viento sopla a favor. La disputa afecta a la propia “realidad”: Rumsfeld estima que EE.UU. es el adulto de la escena mundial y que practica la realpolitik; los países problemáticos creen más bien que lo que ocupa el poder en Washington es el infantilismo real.

Copyright Le Point. Traducción Ma. Teresa López.

Texto relacionado: “O prior da Santa Ordem Temeridade” [Pt], por Peter Sloterdijk

Cioran, între Liiceanu şi Baudelaire

De George Pruteanu

Cu orice risc, voi începe ”memorialistic” acest comentariu, descriind, cît pot de repede, relaţiile mele cu textele celor doi autori ai cărţii de faţă*. Primul Cioran, chiar Précis de…, mi-a căzut (acesta e cuvîntul) în mînă acum vreo 20 de ani, fiindu-mi trimis (din Anglia, mi se pare), într-un mod clandestin şi misterios, de un amic de demult (amic şi atît!), actorul şi eseistul Ion Omescu. Un emisar, necunoscut mie, mi-a strecurat cartea în palmă, undeva, în aglomeraţia unei librării, şi s-a pierdut imediat în mulţime…

Şi întîlnirea dintîi cu scrisul lui Liiceanu a avut  ceva ”conspirativ”. Apăruse Jurnalul de la Păltiniş care, din cauza tirajului infim, era de negăsit. Un grup de amici am ”închiriat” un exemplar, am cotizat, şi o rudă de încredere  ne-a tras (ilegal!) patru exemplare la un xerox, acţiune destul de curajoasă în acel timp în care aparatele de reprodus şi multiplicat aveau un statut asemănător cu al mitralierelor.

Ambii autori mi-au procurat, primordial, teribile delicii stilistice, care dădeau şocului mental o componentă aproape vicios voluptuoasă. (Am mai păţit asta cu Călinescu şi cu încă un om de litere şi imagini, nu chiar depărtat de Liiceanu…). Pe Cioran îl citeam, dincolo de rău şi de bine, dincolo de sens şi idee,  adesea cu voce tare (gueuloir altruist!) şi urechile îl primeau ca pe un fel de uvertură la ”Tannhäuser  tradusă în proză. La fel  le-a fost dat  multor pasaje din Epistolar-ul lui Liiceanu. Am căutat să transmit şi  altora exaltarea mea; cel puţin,  ”Genealogia fanatismului”  şi post-scriptumul ”Te poţi supăra pe un asemenea om?”  le-am ”declamat” de nenumărate ori în public, inclusiv în seminarii studenţeşti sau la televiziune… [+]

Emil Cioran: penser contre soi (émission radiophonique)

Cioran n’est pas un penseur abstrait : il vit sa pensée et pense sa vie

Mais qui est Cioran ? Un philosophe ? Un écrivain ? Un nihiliste ? Rien de tout cela : il est un “penseur privé”, c’est un moi qui écrit sur soi mais toujours contre lui-même. Découvrez l’extraordinaire Cioran ce matin en compagnie d’Aurélien Demars – FranceCulture.