Le problème de la transcendence chez Cioran

Written by Vasile Chira

 ,, Honnêtement ; on ne peut parler que de soi même et de Dieu”
(Cioran, Le Crépuscule des pensées, Humanitas, 1996, p. 181)

„ Dieu existe même s`ll n`existe pas”
(Cioran, De l’inconvenient d’être né, L’édition roumaine, Humanitas, 1995, p.200)

Résumé

1. Introduction

L`œuvre de Cioran a la réputation d’une absence d’articulation systématique malgré à ce caractère dû dans une large mesure à la préférence que Cioran a montrée pour le fragment, malgré à la forme aphoristique où il a exprimé ses obsessions, a pourtant quelques coordonnés unificatrice qui ont la valeur d`une constante métaphysique.
Donc, on peut parler de l`existence de quelques dominantes qui traversent la barrière entre la période des écritures roumains et celle de l`œuvre écrite en langue français : la Transcendance (la Divinité), la sainteté, l`extase mystique, la musique, l’éros, le temps, l’histoire, l’ennui, la maladie, la mort, l’absurde, le suicide, le néant, etc.
Exactement comme chez Heidegger, toutes les existentielles, étaient réductibles à l’existentielle nucléaire du soin, on soutient que toutes les existentielles (les dominantes) cioraniennes sont dérivées de l’existentielle fondamentale et profonde : la Transcendance.
La Divinité, chez Cioran, a la signification d`un « Deus otiosus » et d`un « Deus absconditus ».
Cela offre les palliatives de la tromperie de la lucidité (l’extase musicale ou érotique).
– Elle est responsable de l’absurde du monde (la maladie, la mort).
РChez Cioran, la Divinit̩ a une nature antinomique, Elle est profond̩ment contradictoire.
– Les temps et l’histoire sont des réflexes de la décision de l’Absolu d’être créateur.
– Toute la coupabilité de la corruption cosmique est attribuée non pas à une élection humaine originaire, erronée, mais à Dieu.
РChez Cioran, la sot̩riologie ne peut pas exister.

2. L’évolution du concept de transcendance dans l’histoire de la philosophie.

Le dernière fondement a été successivement dénommé :,,apeiron”; ”un”; „moteur prime”; „l’acte pur”; la substance”; l’identité absolue”; „l’indéterminnation”etc.
– Le caractère transcendance de l’Être ─ des controverses (on a offert des solutions qui s’excludaient réciproquement).
РLa d̩finition du terme de Transcendance.
– L’indication de certains moments majeurs dans l’évolution du concept de Transcendance, dans l’histoire de la métaphysique européenne Platon, Aristot, Kant, Hegel et Heidegger.
РPlaton met le probl̬me de la Transcendance en rapport avec le condition ontologique du Bien (le r̩gime du Bien rapport̩ aux intelligibles et aux sensibles).
– L’idée du Bien chez Platon est transcendance par rapport à l’intelligible, donc le Bien a un caractère supra intelligible.
– La distinction que Platon fait entre « nous » et « dianoia » (La Republiqe).
– Dans l’espace cognitif de l’intellect contemplatif, le doute ne peut pas être formulé.
– Cioran a un rapport altéré avec l’archétype du Bien (on est en présence d’une éclipse métaphysique du Bien).
– Aristot « regresus ad infinitum », Le Premier Moteur (La Métaphysique XII λ)
РIl y a un conflit m̩taphysique de principe entre la version platonicienne et celle aristotellienne de la transcendance.
– Kant rejette l’argument ontologique. Apres avoir fait la critique des contra-arguments kantiens, orientés envers l’argument ontologique, Hegel supprimera l’opposition entre l’essence et l’Être (dans l’indétermination, l’essence et l’Être ne sont pas extérieures une à l’autre).
– Hegel élimine aussi les affirmation et les négations de „l’Être pur” par cette opération spéculative en s’obtenant l’identité de l’Être et du néant dans leur pureté.
Le régime hégélien de la suppression de la transcendance par la mobilité spéculative du concept, a eu comme effet le déclenchement d’une crise du concept de transcendance. Heidegger se délimite autant par rapport au concept théologique de transcendance que par rapport à celui consacré par la métaphysique moderne.
Chez Heidegger, le phénomène de la transcendantion est identique au fait « d’Être dans le monde » (le monde est une structure transcendance du Dasein, donc la transcendantion n’a pas lieu en dehors du Dasein, mais dans la profondeur de celui – ci.
C’est le Dasein qui transcendance et celui vers lequel se fait la transcendantion c’est toujours le Desein, donc on n’a pas une transcendantion dans la direction d’une altérité transcendante, par exemple la Divinité (L’Être de Heidegger est limité). Apres „Kehre”, Heidegger pose à soi mémé la question sur l’absence et l’attente du Dieu.
L’idée d’une temporalité vidée de sens, du retrait de la Divinité du monde, survient fréquentement aussi dans les textes cioraniens.
Chez Cioran, cette référence à l’absconsion de la Divinité supposera une réhabilitation du concept théologique de transcendance.

3. Cioran et la réhabilition négative de la transcendance théologique.

L’angoisse découvre son fondament seulement au moment où elle est visée non pas la mort, mais le destin spirituel ultime qui transcendance la mort, parce que en fonction de cette position de l’homme face à l’Absolu, paraisse la validation ou l’infirmation ultime du sens du monde. Sans la possibilité d’un être qui ait l’infinité et les attributs dont la théologie a identifiés, il n’est possible ni l’attente de dernières niveaux de l’abis.
Heidegger, par exemple, ne peut pas expérimenter le néant dans une forme radicalle.
Il y a seulement celle forme de „rien” opposée à „tout”, qui soit radicale, mais opposée non pas à une totalité cosmologique, mais à une totalité théologique, absolument infinité. Donc, l’angoisse de Cioran devient possible seulement au moment où le concept théologique de transcendance est récupéré et seulement dans le contexte où on a la conscience qu’on vit dans un cosmos jeté de l’horizon éclaire d’une telle transcendance.
Sans l’idée de Dieu personnel, le nihilisme ne peut pas exister. Le nihilisme véritable est né seulement à condition de l’existence d’une mémoire paradisiaque qui amplifie le contraste entre notre condition cosmique et le territoire transcendant. On ne peut pas disputer, on ne peut donner dis gifles à une équation.

4. La position de Cioran face à l’antithétique de la transcendance.

L’origine du nihilisme cioranien pourraite être expliquée aussi dans la perspective d’une topographie métaphysique qui tiendrait du rapport entre l’intériorité et l’extériorité. Cioran se rapportait surtout à l’Être théologique qu’à celle phénoménologique dont la forme été indiquée par Heidegger. Cioran parle d’une création échouée.
Le schéma ontologique cioranien emprunte du christianisme l’idée de la chute. Chez Cioran, la chute n’a pas lieu d’une création parfaite dans une création ratée, mais d’un régime paramenidien dans l’un de la multiplicité.
Adam n’est pas coupables de la compromission de la créature ; c’est Dieu qui a choisi de se manifester dans un monde dissonant. La cosmogonie devient l’effet secondaire d’un « katharsis » divin. Cioran dit : „par notre existence nous avons sauvé l’Absolu de la gangrène”. (Des larme et des Saints la IV-ième édition, Humanitas, Bucarest, 2001).
Cioran est placé dans une position ambivalente par rapport à la Transcendance : on lui contestant son œuvre cosmogonique, Cioran semble mettre en discussion les attributs divins, leur régime infini donc, les perfections de Dieu. D’ailleurs, les expérience au caractère privilégié (nous avons en vue ici l’extase mystique et celle musicale) lui réveillent la conscience d’une réalité tant merveilleuse que dans cette séquence temporelle – là où celles – ci surviennent, les contradictions cosmologiques et existentielles, l’enthousiasme du nihiliste paraissent paralyser.
Cette proximité du nihilisme avec l’expérience extatique de l’ésorbtion dans l’Absolu nous renvoie a penser à une entière tradition des penseurs qui serait risquant de voir une similitude entre la manière dans laquelle Cioran concevoit le rapport entre la Divinité et le néant, et la manière dans laquelle Hegel formule son identité célèbre entre l’Être et le néant dans l’origine de leur pureté et de leur indétermination.

5. Les contre-faces de l’apophatisme cioranien.

L’apophatisme théologique classique (Dionisie l’Aréopagite) est lié au caractère de totalité du Dieu. De la Divinité, il faut affirmés tout ce que s’affirme de tout ce qui existe. Mais parce que les verbes affirmés sont des verbes seulement par analogie, de Dieu il faut à la fois nier tout ce qui existe.
Ce n’est pas le néant qui est désigné par la négation apophatique, mais c’est une affirmation au caractère infini, au fond une supra-affirmation, parce que Dieu est supérieur non seulement par rapport aux affirmation, mais aussi supérieur par rapport aux négations.
– L’apophatisme de Platon (voir le Dialogue Parmenide).
– L’apophatisme chez Meister, Eckart et Hegel.
– L’apophatisme de Heidegger (voir Que signifie la métaphysique ?).
Le besoin de Dieu, chez Cioran est rigoureusement equivalée avec besoin d’une absence de Dieu. Cioran reste sous la signe d’une infraction flagrante du principe de la non-contradiction, d’une fièvre mystique inversée, qui ne tient pas compte des principes logiques. („Car tout ce qui existe démente et confirme la Divinité” écrira Cioran dans ,,Des larme et des Saints’’ Édition citée, p.88).
Cioran est un apophatique, mais son apophatisme se constitue sur des antinomies d’un autre ordre que celles de l’apophatisme classique. L’apophatisme de Cioran vise plutôt une zone du retrait de Dieu du monde.
Influencé, par son esprit musical, par son hypersensibilité mystique qui lui faissaient des dissonances insupportables à son existence, Cioran emene et conteste simultanément la Transcendance des théologiens. Il se trâte d’un apophatisme inversé, un apophatisme d’un degré spécial, spécifique cioranien, qui consiste dans une conversion de la réduction apophatique, dans une guerre métaphysique portée avec la Divinité.

6. Le Dieu des théologiens et le Dieu des philosophes.

Le Dieu de la théologie de distingue de celui de la métaphysique par son caractère personnel.
La philosophie surprendre uniquement le caractère de substance de la Divinité et pas celui du sujet.
РLe caract̬re du sacr̩ chez Rudolf Otto.
РLa diff̩rence que Pascal fait entre le Dieu philosophes et le Dieu biblique.
– L’image de Dieu de la métaphysique par rapport à l’Absolu est-elle inexpressive?
La théologie dogmatique contient un corpus, des assertions métaphysique lorsqu’on caractérise l’Être de la Divinité. Dans ce point la théologie et la métaphysique coïncident, en arrivant à différer à peine au moment où se souleve la question du caractère hypostatique de cet Être.
Les conséquences qui découlent de l’anthropomorphisation de la Divinité, corrélées au problème de la théodicée et de l’absurd de l’histoire, lient Cioran à la théologie chrétienne, pendant que la nostalgie d’une pacification impersonnel soit dans l’unité d’une substance, soit dans le « vacuum » bouddhiste tenirait des tentatives de Cioran pour l’élibération dessous la pression terrible d’un Dieu personnel sacrifié et sacrificateur.
La révolte de Cioran envers la Divinité est entretenue par le contrast entre les attributs moraux avec lesquels la théologie caractérise Dieu et les évidences factuelles. Soutenir la bonté du Dieu dans un Univers plein de souffrance et dominé par la mort, devient une provocation métaphysique majeure, qui ne peut pas être résolue par un discours. Cela est au fond aussi la morale du livre Iov. Au discours correct théologique des amis de Iov on s’oppose une souffrance qui n’a pas besoin des apologies. Dieu infirme les discours des protecteurs. Le Dieu du livre Iov n’a pas besoin des avocats qui ne comprennent pas sa nature antinomique. Il n’est exclu que Dieu préfère le révolté Cioran dont les questions tiennent du vocabulaire de la souffrance.

(Comunicare susţinută la simpozionul internaţional Emil Cioran, Ediţia a XV-a Sibiu, mai 2005)

The puzzles of aphorism: reading Cioran

Author: Daria Lebedeva

Aphorism is a form and a style for philosophizing. Especcially it is a matter of the case for Emile Cioran.The style of writing – aphorism as the main form of the expression of the thought- fits the non-systematic way of philosophizing. It more than other means points the irrelevance to provide one or at least some meanings of one idea, definitions of one phenomenon, etc., the one strict meaning will never encompass the richness  and density of the world Cioran argues. Thus, he advocates the rightness of the non-systematic way of philosophizing: ‘ those who write under the spell of inspiration, for whom thought is an expression of their organic nervous disposition, do not concern themselves with unity and systems. … All what is form, system, category, frame, or plan tends to make things absolute and springs from a lack of inner energy, from a sterile spiritual life.’.

For Cioran the unsystematic type of thinking is an essential form of expressing thought typical for those thinkers who create under the auspices of emotional, organic impulses of life. It is a specific state of mind which directs flow of inner man\’s energy to the expression in the chaotic, non-connected pieces of thoughts which later on are packed into the form of non-systematic verses and passages. The not united set of thoughts is not mere a sign of inability to order it, it is the mirror of the essence of life as it is. The non-organized and consequently not subordinated thought is free, dynamic as life itself. This Cioran\’s passage is so to say an apology of the right to pronounce a thought in it primordial non restrained shape that is directly symbolizes the image of fluid life full of energy and uncontrolled impulses.

A key to the variety of interpretations lies in the aphoristic style of writing preferable by Cioran. Aphorism is a set, a piece of thought reflecting better than others means the essence of non-systematic way of philosophizing. Aphorism in the case of Cioran is not merely a form of expression thoughts, it is a way of thinking. Besides of this, it is a specific way of literary manner to encapsulate thoughts in the forms of concise pieces of expressions. In Elias\’s expression Cioran in aphorism is ‘almost mathematically precise’. No extra words, the chosen words unfold the Universe of the content. It is an acknowledged presence of the richness of beautiful metaphorical language but which has to be translated into the meagreness of the academic language. For instance, the choice of aphoristic – based philosophical writing in Dienstag\’s deep belief is not vainly preferred. Pessimism in forms of aphorisms rather a rule when the exception of it as the examples might suggest. Starting from Leopardi through Nietzsche to Cioran aphorism has been equally picked up, elaborated as a major means of writing.  The linkage between pessimism and aphorism proves that latter is logically determinated by the former, that style of writing originates from the so to say kind or type of philosophy   ‘their style or morals are deeply related to a unified philosophy’.

Aphorism is a fragment of style rendering potentiality to unmask the uncertainty of the ideas.  Fragment, a piece taken from the entity, but as such is a full entity, born as a part still is as a form. A form that is emancipated and self-sufficient, in Cioran\’s manner aphorism presents a resolution, Elias argues. ‘Aphorism which is not an aphorism, but ‘style in the breaking” . Richard Howard, a French translator of Cioran, applied to Francis Bacon\’s saying on aphorism. A wisdom broken, broken in a sense of in need to be repaired, reconstructed. In this genre more then ever reader\’s co-operation is obligatory condition. The meaning is present, but is hidden in the paradoxical scarcity of the words.  Howard goes on adding: aphorism – the very word has horizon within it, a dividing – line between sky and earth, a separation observed.

From the perception of the content, aphorism is an impasse, and the reader trying to touch the core of it is in cul-de-sac station. Author has already expressed what wanted to say, as a driver saw a blind alley as a sign where is no need – no opportunity – to go further. Reader has no opportunity to add anything to already said.

In accord to the intentions of the linguistic philosophy the suspicious attitude of the bearing true meaning is ascribed to the words. For Cioran words are ‘semblances of reality’ (p.3) Word describing the object and this object in reality are not identical. The search for definition is the negation of the object as such. Cioran asserts the obligation of defining the as a pseudo-scientific and totally misleading task never aiming the pure form – the definition that will never provoke any protestations and will be accepted by everyone as the axiom: ‘To define is one of the most inveterate of our madnesses, and it must have been born with the first word’.

Cioran gives an explanation of his preference of aphorism, as a means to express thought, in the context of accentuating the priority to use words with sense. So in order to avoid extra words- the some modern genres overwhelmed with in Cioran\’s vision, it is needed to cut off the unnecessary parts. After redaction the concise form of thought – piece of art – remains. This is aphorism. ‘Poem, novel, essay, play – everything seems to long. The writer – it is has function – always says more than he has to say: he swells his thought and swatches it with words ‘.

Article Source: http://www.articlesbase.com/quotes-articles/the-puzzles-of-aphorism-reading-cioran-4537557.html

About the Author

A person of cosmopolite views: born in Moldova, Ukrainian by blood, maried with Tajik man, studying in Poland, I am -as Emile Cioran once declared- enamoured with all capitals in the world. My interests are: religion, philosophy, cultural dialogue, tolerance, morality. I am doing PhD in pessimism in philsophy. Being an optimist I inquiry the roots of the world outlook I do not personally share.

El Rompecabezas del Aforismo: Leyendo a Cioran (Centenario)

Por Daria Lebedeva – Madrid en Marco

El Aforismo es una forma y un estilo de filosofar. Especialemente es problemático en el caso de Emile Cioran. El estilo de la escritura – el aforismo como la principal forma de expresión del pensamiento- se ajusta a la forma no sistemática de filosofar. Más que otros señala la irrelevancia de proporcionar uno o, por lo menos, varios significados de una idea, las definiciones de un fenómeno, etc, el estricto significado nunca abarca la riqueza y la densidad del mundo que Cioran sostiene. Por lo tanto, aboga por la justicia de la forma no sistemática de filosofar: “Los que escriben bajo el hechizo de la inspiración, para quienes el pensamiento es una expresión de su orgánico temperamento nervioso, no se preocupan por la unidad y los sistemas… Todo lo que es forma, el sistema, la categoría, el marco, o el plan tiende a hacer de las cosas absoluto y surge de la falta de energía interna, de una vida espiritual estéril. “.

Para Cioran el modo asistemático de pensar es una forma esencial de expresión del pensamiento típico de los pensadores que crean bajo los auspicios de los impulsos emocionales, orgánicos de la vida. Es un estado específico de la mente que dirige el flujo de la energía del hombre interior a la expresión en el caos, inconexas partes de pensamientos que luego se empaquetan en forma de  asistemáticos versos y pasajes. La desunión en el conjunto de pensamientos no es sólo un signo de la incapacidad para el fin, es el espejo de la esencia de la vida tal como es. El pensamiento no organizado y por lo tanto no subordinado es libre y dinámico como la vida misma. Este pasaje de Cioran es, por así decir, una apología del derecho a pronunciar un pensamiento en la primordial forma no restringida que directamente simboliza la imagen de la vida en su fluir llena de impulsos de energía e incontrolada.

 Una clave para la variedad de interpretaciones se encuentra en el estilo aforístico de la escritura, preferida de Cioran. El aforismo es un conjunto, una pieza de pensamiento que refleja mejor que otros la esencia de la forma no sistemática del filosofar. El aforismo en el caso de Cioran no es simplemente una forma de expresión de pensamientos, es una forma de pensar. Además de esto, es una forma específica literaria para encapsular pensamientos en forma de piezas concisas de la expresione. Según Elias, la expresión de Cioran en el aforismo es “casi matemáticamente exacta”. No hay palabras de más, las palabras elegidas se despliegan el universo de los contenidos. Es una presencia reconocida de la riqueza del bello y metafórico lenguaje, pero que tiene que ser traducido en la manifiesta insuficiencia de la lengua académica. Por ejemplo, la elección de aforística – escritura filosófica basada en la profunda creencia de Dienstag creencia profunda- no es en vanamente preferida. El pesimismo en las formas de los aforismos es más bien una regla que la excepción que los ejemplos podrían sugerir. A partir de Leopardi, a través de Nietzsche a Cioran el aforismo ha sido igualmente recogido y elaborado como un medio importante de la escritura. El vínculo entre el pesimismo y el aforismo demuestra que éste está lógicamente determinado por la primera, que el estilo de la escritura se origina en el modo de decir  o el tipo de filosofía, “su estilo o la moral están profundamente relacionadas con una filosofía unificada”.

El aforismo es un fragmento de estilo de interpretación con potencialidad para desenmascarar la incertidumbre de las ideas. Un fragmento, una pieza tomada de la entidad, aunque como tal, es una entidad completa, que nacida como una parte sigue siendo como una forma. Una forma que se ha emancipado y es autosuficiente, en Cioran el aformismo presenta una resolución, sostiene Elias.

“El aforismo que no es un aforismo, sino “el estilo de la ruptura”. Richard Howard, traductor francés de Cioran, aplica a Francis Bacon lo dicho del aforismo. Una sabiduría rota, rota en el sentido de que necesita ser reparada, reconstruida. En este género más que nunca la cooperación del lector es obligada. El significado está presente, pero se oculta en la escasez paradójica de las palabras. Howard añade: el aforismo – la misma palabra tiene horizonte sin él, una línea de división entre entre el cielo y la tierra, una observada separación.

Desde la percepción del contenido, el aforismo es un callejón sin salida, y el lector tratando de tocar el corazón de ella se encuentra en cul-de-sac. El autor ya ha expresado lo que quería decir, al modo en que el conductor ve un callejón sin salida como un signo de que no es necesario – no hay oportunidad – de ir más allá. El lector no tiene oportunidad de agregar algo a lo que ya se ha dicho.

De acuerdo a las intenciones de la filosofía lingüística la actitud sospechosa del verdadero significado se atribuye a las palabras. Para Cioran las palabras son “simulacros de la realidad” (p. 3) La palabra que describe el objeto y el objeto descrito, en realidad, no son idénticos. La búsqueda de la definición es la negación del objeto como tal. Cioran afirma la obligación de definir como pseudo-científica y totalmente engañosa la tarea nunca apuntando a la forma pura – la definición nunca va a originar protestas y será aceptada por todos como el axioma: “Definir es una de las más inveteradas locuras nuestras, y debe haber nacido con la primera palabra”.

Cioran da una explicación de su preferencia por el aforismo, como un medio para expresar el pensamiento, en el contexto de acentuar la prioridad para usar las palabras con sentido. Así que para evitar las palabras extra -algunos de los géneros modernos se abruman con la visión de Cioran-, es necesario cortar las partes innecesarias. Después la redacción de la concisa forma del pensamiento – obra de arte – se mantiene. Esto es el aforismo. “Poema, novela, ensayo, el juego – todo parece demasiado. El escritor – en su función – siempre dice más de lo que tiene que decir: hincha su pensamiento y lo muestra con palabras”.

Cioran cerca de su centenario

Cioran cerca de su centenario.

Por Claudio Isaac –  Octubre 2008

En una revisión de los retratos fotográficos que se le hicieron a Emile Michel Cioran a lo largo de las décadas desfilan las austeridades de su vestir, la expresión corporal del ermitaño, el rigor patente en las líneas de expresión, que también delatan excentricidad, el cabello a veces rasurado en las sienes a una usanza que raya en lo castrense, pero que es abundante, descuidado e hirsuto desde que le nace en la frente y en toda la parte superior del cráneo, los pómulos angulosos que adelgazan la cara en la juventud y pronuncian su gravedad en la vejez. La energía contenida en las placas tomadas por Sophie Bassouls, la languidez que se deja ver en los retratos postreros de Irmeli Jung. En todas estas imágenes, debajo de las cejas pobladas, largas y despeinadas, el brillo de ese ojo en vela perenne. La desesperación inequívoca del rostro mudo. En el fondo, las apariencias no engañan y la cara terrible de Cioran corresponde a lo que nos ha legado por escrito.

Pronto en su trayectoria se aboca al fragmento como género, y así su trabajo entero produce una sensación emparentada a la que por accidente histórico nos dejan los presocráticos, la nobleza de una obra en trozos que sugiere, apunta a algo, pero no impone una visión absoluta a la manera de Aristóteles o Kant; queda libre del mal de los sistemas de pensamiento filosófico que se pretenden completos y producen el efecto de la doctrina totalitaria. Cioran, como Parménides o Heráclito, se presta a la interpretación abierta, a la construcción de una visión ecléctica.

Más allá de eso, por tener un puñado de ideas de las cuales no quiere salir, alrededor de las cuales erige todo su trabajo, con variantes de registro, variantes sintácticas, variantes de fraseo y orquestación, resulta que, más que un filósofo en el sentido clásico, es un prosista exquisito: un estilista. Porque no se conciben sus sentencias inflamadas, el poder sonoro de su provocación o sus consignas sacrílegas sin el giro literario, el matiz lingüístico. Los títulos mismos de los libros, Silogismos de la amargura, Del inconveniente de haber nacido, El aciago demiurgo, denotan un equilibrio impecable de las palabras, un don para lo preciso y lo rotundo. Los atributos del escritor que refuerzan el efecto, redoblan al pensador. Por su adjetivación y su manejo de la tensión fraseológica, a veces está más cercano a un Borges ocupado del infierno (o los infiernos posibles) o al Pessoa de El retorno de los dioses. A diferencia de autores de frases célebres y aforismos como Goethe, Lichtenberg o La Rochefoucauld, que se ocupan de una pléyade de temas, Cioran es casi monotemático.

Quien repase los inicios del pintor holandés Piet Mondrian hallará un curioso cuadro, Estudio inacabado con luna. El título mismoexplica mucho del contenido inesperado de este óleo de fecha 1906-1907: en la extensión de un campo brumoso, un árbol negruzco, tan negruzco y frondoso que pudiera semejar un manchón de óleo negro casi a la mitad de la composición. En un tercer plano, una pequeña luna amarillenta irradia su luz del lado derecho de la tela. Una pintura rica en texturas, misteriosa y cálida a la vez. Un cuadro, acaso descuidado en un sentido técnico, que denota, sin duda, la primera intención del pintor. Nada más lejano a lo que conocemos de la obra representativa del Mondrian geométrico, premeditado, terriblemente frío. Con su sentido místico, nos dirán los historiadores del arte, pero frío al fin.

El descubrimiento de este paisaje inacabado se antoja óptimo para ilustrar el caso en el que una parte contradice al todo, una obra en particular parece poner en jaque el conjunto de la producción posterior del artista. Algo semejante ocurre cuando uno se encuentra con los Cuadernos inéditos de Cioran, específicamente al leer el siguiente texto.

Ayer, a bordo del tren que me llevaba de Compiegne a París. Frente a mí, una joven (¿19 años?) y un joven. Trato de combatir el interés que tomo por la joven, por su encanto, y, para lograrlo, la imagino muerta, en estado de cadáver avanzado, sus ojos, sus mejillas, su nariz, sus labios, todo en plena putrefacción. Nada fue eficaz. El encanto que ella desprendía seguía actuando sobre mí. Tal es el milagro de la vida.

Tanto este apunte, donde el nihilista se enamora de la existencia y nos lo confiesa casi entre paréntesis, como el cuadro en que el pintor que será adalid del abstraccionismo muestra una vena de apasionamiento romántico, son brotes inhabituales. Vistos a posteriori representan resquebrajaduras que nos sugieren que el corpus fundamental de sus respectivas obras puede estar sustentado en una negación monumental. Una negación que tensa la cuerda y propicia el registro particular, característico de ellos. Quizás haya aquí algo monstruoso y también muy humano. En mayor o menor escala, es seguro que todo esfuerzo creativo contiene algo de este fenómeno: la supresión de un ángulo vulnerable en aras de edificar la identidad anhelada como propia; acaso aquí se trate de un perfil de reciedumbre para sobreponerse al embate diario de la vida. Esta contradicción abre una perspectiva desde la que se puede evaluar de modo distinto la producción posterior de Mondrian o releer cada página del pensador rumano. En el fondo, tras la severidad, tras la sentencia tajante y cáustica de Cioran, podría aparecer esta segunda esencia suya, que ya no sabremos si corresponde a una fragilidad que humaniza y puede conmover aún más, o si nos habla de los horrores de ese pasado suprimido, las simpatías con el nazismo, los afanes y las actividades innombrables de los camisas negras, a cuyo movimiento se unió de muy joven, todo aquello que desgarradoramente nos viene a señalar Mihail Sebastian en su Diario (1935-1944) y que antes nadie sospechaba. Estas revelaciones obligan a tratar el caso de Cioran con el espíritu de disección que se aplica a los colaboracionistas, traidores o simpatizantes del fascismo y el hitlerianismo, Knut Hamsun, Louis-Ferdinand Céline o Pierre Drieu La Rochelle: nos resulta indispensable un deslinde entre obra y biografía, los méritos de una y los yerros de la otra. Poder apreciar cada cosa en su lugar. Y, por otro lado, estudiar su interrelación.

Al final de la Segunda Guerra Mundial, Drieu La Rochelle razonó: yo colaboré con el enemigo, en el entendido de que antes que franceses somos europeos; pero el enemigo no fue inteligente y además perdió, lo que me hace culpable de alta traición; por lo tanto, reclamo la muerte. Y se pegó un tiro. Por más repugnantes que fueran sus inclinaciones políticas, hay una innegable estatura humana en el modo de razonar y encarar la conclusión del juego de intereses. En el caso de Cioran, resulta triste pensar en la posible reinterpretación –necesariamente empobrecedora– de sus abismos e infiernos bajo la óptica de toda la información desenterrada.Y encontrarlo mezquino o impostado, siendo un escritor tan incendiario, tan a rajatabla y, supuestamente, honesto hasta el autoflagelo, incapaz de hacer concesiones. El ocultamiento de su propio pasado representa una doble decepción, una traición a la entrega de sus lectores y una negación a su valor de iconoclasta. Su centenario se acerca (2011) y la evaluación que se le rinda sin duda será indicativa del signo de los tiempos, dictará cómo habrá de reinterpretarse la expresión en sus retratos.

ELESPECTADOR.COM | La cómplice de Cioran en Pereira

l 8 de abril se cumplieron 100 años del natalicio del filósofo

La cómplice de Cioran en Pereira

Por: Juan Miguel Álvarez / Especial para El Espectador, Pereira (Col)

Liliana Herrera, profesora de la Universidad Tecnológica, es la máxima experta colombiana en el rumano y se cruzó cartas con él.

UNO: El “filósofo del suicidio” o el “profeta del suicidio” son las dos maneras más comunes para tildar al rumano Emil Michel Cioran. Han corrido rumores que narran suicidios de gente del común —universitarios, profesionales, transeúntes— luego de haberlo leído obsesivamente. La profesora Liliana Herrera, quizá la colombiana que más ha estudiado a este autor, desdice los rumores: “Cualquier cosa es posible luego de leer a Cioran menos suicidarse; su escritura está llena de humor, de un gran sentido del humor. Para él, el suicidio es una opción, es una idea que ayuda a vivir. No es más. Sus preguntas tienen más hondura filosófica que las interpretaciones sensacionalistas que se han hecho sobre su idea del suicidio”.

Nacido hace cien años en Rasinari, diminuto pueblo al pie de los Cárpatos en la provincia de Transilvania, a cinco horas y media en carro desde Bucarest, estudió filosofía y publicó su primer libro titulado En las cumbres de la desesperación a los 23 años. Hijo de un sacerdote ortodoxo y una ama de casa, tuvo una hermana y un hermano. A finales de la década del 30 intercaló su vida entre París y Bucarest hasta que terminó exiliándose definitivamente en Francia desde 1945. A finales de la década del 40, adoptó el francés como su lengua de escritura. Con su primer libro en el idioma de Rabelais, Breviario de podredumbre, 1949, comenzó a ser leído en el resto de Europa.

Foto: Juan M. Álvarez
La casa de Liliana Herrera parece un museo en memoria del filósofo.

A partir de la década del 50, experimentó la escritura fragmentada como técnica directa para concretar sus preocupaciones. Vinieron los libros de aforismos: Silogismos de amargura, Desgarradura, La tentación de existir, Del inconveniente de haber nacido, La caída en el tiempo, entre varios más. Y con ellos, el reconocimiento de la comunidad filosófica, de la academia, de los lectores de andén. Defendió con ahínco el derecho a su privacidad y al ocio, a una vida estoica, primero en hoteles del barrio Latino en París y después en un sexto piso en la Rue de l’Odéon. Rechazó premios y murió en 1995. Su tumba, como la de Baudelaire y Sartre, está en Montparnasse.

DOS: La primera vez que la profesora Liliana Herrera leyó a Emil Cioran tenía 20 años. Era 1982 y llevaba la mitad de la carrera de filosofía cuando un amigo le prestó La tentación de existir. “Cioran es uno de esos autores que enamora o produce rechazo inmediatamente se lo lee”, dice. “Yo encontré muchas resonancias internas. Y así como uno no tiene explicaciones para el amor, no puedo explicar por qué me sedujo Cioran”. Sin dudarlo, escribió su monografía de grado sobre el rumano. “Fue un texto ingenuo por la inmediatez, pero tuvo el valor de ser uno de los primeros sino el primero que se hizo sobre Cioran en Colombia”.

Durante la elaboración, la profesora le envió una carta a través de Gallimard, su editorial. “Yo le conté que estaba haciendo mi monografía sobre él y me respondió inmediatamente un carta muy cordial dejándome saber que se sentía contento porque lo estuviéramos estudiando en esta parte del mundo. Y aunque me dijo que él ya no estaba para sostener correspondencia con nadie, me permitió seguirle escribiendo. Tenía casi 70 años”.

La correspondencia fue larga —durante poco menos de una década— pero no fue continua —una carta al año o cada dos—. Paulatinamente, la profesora comenzó a leer cuanto libro de Cioran llegara al país en español y en francés. Para finales de la década del noventa había leído toda su obra, salvo los libros que expresamente por petición del autor no habían sido traducidos del rumano —La transformación de Rumania, por ejemplo—.

“La mirada crítica, aguda, ácida sobre el mundo, el humor para contarlo, fueron los elementos que a mí me impactaron en principio”, dice Herrera. “Sus libros fueron moldeando mi formación intelectual y mi formación interior. No mi carácter, creo como Schopenhauer que el carácter es inmodificable. En Cioran encontré un lenguaje, una forma de expresar muchas cosas que sólo han estado en los sentimientos. Cioran me dio a mí un horizonte teórico para expresar mi malestar y para alejarme de cualquier dogmatismo”.

En 2003, la profesora publicó el libro Cioran: lo voluptuoso, lo insoluble, resultado de su tesis de doctorado en filosofía. “¿Cuál es el problema de la interpretación que se hace de Cioran aquí?”, se pregunta. “Pareciera que Cioran fuera un crítico de todo, que no se relacionara con nada. Que simplemente fue un tipo genial, neurótico, escéptico, como si fuera un anarquista, pero gran parte de su posición tiene raíz en la cultura rumana, en todo lo que vivió antes de llegar a París. Y Rumania es un país casi desconocido para el mundo. En Europa, sobre todo en Francia, lo han cuestionado mucho por haber simpatizado con un movimiento de ultra derecha llamado La Guardia de Hierro. Sin embargo, los rumanos tienen otra perspectiva que en este momento estamos tratando de entender. Un ejemplo de lecturas parcializadas: hace un tiempo un profesor en Bogotá llegó a decir que era absurdo pensar que Cioran tuviera espíritu religioso, cuando si hay un tema fundamental en su obra es el problema de Dios, los místicos, el mal en el mundo, la concepción de hombre y de naturaleza, la utopía, todos surgidos del problema religioso. Esto puede entenderse cuando uno entiende que Rumania es un país creyente y practicante del cristianismo ortodoxo, y se vive con mucho fervor la religiosidad; entonces, si bien Cioran no es creyente, su desencuentro con la divinidad cruza toda la obra. Sobre esto, Cioran tiene un aforismo que para mí ha sido muy revelador: ‘Lástima que para llegar a Dios haya que pasar por la fe’. Sin hacer a un lado que el padre de Cioran era un pope ortodoxo y frente a su casa de infancia en Rasinari hay un templo de hace siglos”.

TRES: En 2004, Liliana Herrera fue a Rasinari. Aprovechó la invitación a dar dos conferencias sobre Cioran en Barcelona para atravesar toda Europa central en busca de la casa del filósofo. “Rasinari es un pueblo que se recorre a pie en diez minutos. Calles en piedra y tierra. No ha cambiado nada en 300 años”, dice. “La casa donde nació Cioran y vivió hasta los 10 años es de arquitectura alemana en el periodo del Imperio Austrohúngaro. Sus actuales dueños la conservan tal cual la habitó Cioran, aunque está descuidada”. Sobre una pared exterior y a la vista de la gente que entra o sale de la iglesia hay una placa que dice: “En esta casa nació el escritor Emil Cioran” y en la calle, un busto del autor. “Es lo único que queda allá del filósofo”. Simone Boué, esposa de Cioran quien le sobrevivió dos años, dijo en una entrevista a la pintora catalana Maite Grau, que al único lugar al que le hubiera gustado regresar al escritor tras la caída de la dictadura de Ceaucescu era a su pueblo natal.

En Sibiu, capital de Transilvania, donde Cioran cursó la secundaria, queda la Universidad Lucian Blaga. Cada año, en mayo, celebran el Coloquio Internacional Emil Cioran. Al de 2005 fue invitada la profesora Liliana Herrera. “Dura tres días. Aunque hay participantes alemanes, rumanos, holandeses, el coloquio se hace en francés”, explica. “Se reúnen unos 20 ó 30 investigadores y presentan sus avances. Pocos estudiantes asisten. Más bien, es un encuentro entre especialistas en Cioran”.

En 2005, Herrera y Alfredo Abad, uno de sus pupilos, conformaron un grupo de investigación en filosofía contemporánea. Su primer proyecto fue “Cioran y la cultura rumana”. Este trabajo arrojó la publicación de dos libros Cioran, ensayos críticos, 2008, y Cioran en perspectivas, 2009. “Uno de nuestros objetivos era que el país pudiera tener acceso a bibliografía en español sobre Cioran. El primer libro, esencialmente, es una recopilación de textos de especialistas traducidos por nosotros. El segundo es una reunión de ensayos míos y de Alfredo”. Otro objetivo del grupo fue organizar un encuentro anual para discutir la obra de Cioran en la Universidad Tecnológica de Pereira (UTP). Han hecho tres y han contado con participación de académicos europeos.

Ahora y por solicitud de su autor, el filósofo rumano Ciprian Valcan, la profesora adelanta la traducción de un nuevo libro. “Es un texto sobre las influencias alemanas y francesas en Cioran, que han estado presentes en Rumania desde fines del siglo XVIII”.

Herrera está casada y es docente de la licenciatura en filosofía de la UTP hace 18 años. En filosofía contemporánea imparte cátedra de Cioran y Karl Jaspers, y en filosofía moderna, cátedra de Hegel.

Vive con su marido en una casa de condominio campestre situado en la vía Pereira-Armenia. Su biblioteca está regada por toda la casa y es famosa su vasta colección de música clásica en acetato. En un rincón de su estudio tiene ampliadas fotografías de Rasinari y de Cioran, de su tumba en Montparnasse, no menos de sesenta títulos sobre él, además de su obra completa. Encima de estos anaqueles, una bandera de Rumania junto a la de Colombia.

Bebe Tuica —un aguardiente rumano de 57 grados de alcohol hecho de ciruela silvestre— y cada tanto escucha música folclórica balcánica. Guarda las cartas que Cioran le envió en una bolsa de plástico dentro del cajón de su escritorio. “La última carta que recibí de él, en 1990, fue una respuesta a una que le había enviado a propósito de una entrevista en la que él decía que amaba el tango. Para mí fue una sorpresa muy grata y se lo dije. Me respondió en una carta muy corta que el tango era pura melancolía, y que si había un sentimiento fundamental en la vida era la melancolía. ‘Quien ame el tango es mi cómplice’, me dijo”.

Aceprensa | Un pesimismo sin futuro

A propósito de la muerte de Emil Cioran

por Rafael Gómez PérezAceprensa, 12.JUL.1995

A propósito de la muerte de Emil Cioran

El 20 de junio de este año moría en París Emil Cioran, el escritor rumano que nunca se nacionalizó francés. Autor, entre otros libros de un famoso Breviario de podredumbre, pertenecía a esa curiosa tradición de este siglo XX que había idolatrado el pesimismo. Una tradición que, como otras, no ha pervivido. Las nuevas generaciones ignoran por completo a Cioran, tan celebrado estos días en los periódicos.

Emil Cioran, a quien algunos han considerado uno de los escritores más originales de esta era, fue, en realidad, casi un producto de la época más negra de este siglo. Como acaba de comentar Ernst Jünger, testigo del siglo a sus 100 años, todo empezó con la I Guerra Mundial, en 1914. A esa guerra se fue aún con casco de plumas y al son de heroicos himnos, pero ya en 1915 se empezó a sospechar que quizá se había cometido un imponderable error.

Galaxia nihilista

En 1927 escribía Heidegger Ser y tiempo, donde se hablaba del hombre como de un “ser para la muerte”. Poco antes, Spengler había puesto de moda referirse a La decadencia de Occidente. Y cuando menos se espera, como prueba, está ahí el nazismo, que se demostraría muy pronto como una moderna cultura de la muerte.

La II Guerra Mundial y sus preámbulos y consecuencias: los tres dictadores -Hitler, Stalin, Mao- fueron responsables, cada uno a su modo, de la muerte de millones de personas. En total, más de 60, algo insólito en la historia de la humanidad. En plena guerra, esa visión negativa, que parecía dictada por la realidad, fue teorizada por Sartre en El ser y la nada, de 1940.

El nihilismo vendía. De 1953 y 1957 son dos famosas obras de Samuel Beckett, Esperando a Godot y Fin de partida. O el absurdo del teatro de Ionesco en La cantante calva, de 1950.

Es probable que esta galaxia nihilista, o como quiera que se denomine, durase hasta mediados de los sesenta, hasta el triunfo del estructuralismo, que fue un positivismo y, en ese sentido, un cierto intento de construcción o reconstrucción. Desde luego, estaba muerto ya en los sesenta avanzados cuando llega la furia revolucionaria, los hechos de mayo del 68 y demás retóricas de ese estilo. Y cuando esa revolución fracasa, en los setenta, empieza esa postmodernidad que puede ser cínica, pero no nihilista.

En ese sentido, Cioran estaba acabado desde hacía muchos años. Escritor de culto para unos centenares de intelectuales, lo que podía decir lo dijo ya en los cincuenta. Tan claro lo tenía él mismo que escribió una y otra vez las mismas cosas y, llegado un momento, hacia el principio de los noventa, no publicó nada, en absoluto.

La inutilidad de la ideología

El horizonte de este nihilismo que cayó sobre Europa desde 1914 hasta, aproximadamente, 1984, coincide con el aparente triunfo político de una ideología, el comunismo, que se presentaba como la vanguardia de la historia y la realización completa de la Modernidad. Hubo intelectuales que, apartándose del nihilismo, adoptaron el optimismo marxista. Pero hubo otros, como Cioran, que vieron la ideología -marxista o de cualquier otro signo- como una muestra de la inutilidad humana, de la desgracia de ser hombre.

En realidad, las semillas fueron sembradas ya en el siglo XIX, época en la que conviven también un optimismo progresista y un pesimismo antropológico. La figura más contradictoria sigue siendo Nietzsche, que no en vano había aprendido en el nihilismo de Schopenhauer. Nietzsche, que muere en 1900 después de largos años de locura, abre la puerta al siglo XX: una puerta que da a un hall, que a su vez da a varias puertas, las interpretaciones distintas y contradictorias que se han dado de la filosofía del autor de Así hablaba Zaratustra.

Una cosa es clara: para los autores de esta “tradición”, el mundo de la técnica sigue su curso independiente y quizá monstruoso y, en lo demás, sólo cabe pensar entre escombros. Esta es la tradición que desde mediados los años treinta ensaya Cioran.

Su primer libro, De lágrimas y de santos, resulta una amargada confesión de una crisis religiosa terminada en tonos blasfemos. Hijo de un pope ortodoxo y de una mujer que era la presidenta de las Mujeres Ortodoxas, el libro le supone la ruptura con la familia. Experimenta así, casi por primera vez, el placer del rechazo. Toda su vida será desde entonces un ir en contra, nadar en la contradicción.

Fanáticos sin convicciones

Contra la fe, la duda cansada; contra la diligencia, la pereza erudita. Todo menos creer en algo. Y para no creer en nada hay que negar continuamente lo que se afirma. En Breviario de podredumbre, Cioran ensaya una guía para la destrucción. Ser algo está condenado de antemano. En el mismo cesto caerán todos los ismos, los innobles y los más nobles. No compensa ser marxista, ni reaccionario, ni fascista, ni cristiano. Todo es indigno, porque el hombre no tiene remedio. Cioran practica entonces un estoicismo degenerante, en el que se sienten a gusto algunos talentos individuales que, de esa forma, se colocan subrepticiamente por encima de todos los que creen. (Pero Nietzsche ya había hecho, mucho mejor, algo de eso).

Se acabó también el intelectual, no vale la pena: “El intelectual fatigado -dice en Adiós a la filosofía- resume las deformidades y los vicios de un mundo a la deriva. No actúa: padece; si se vuelve hacia la idea de tolerancia, no encuentra en ella el excitante que necesita (…) Querer ser libre es querer ser uno mismo, pero él está ya harto de ser él mismo, de caminar en lo incierto, de errar a través de las verdades”.

Las ideologías son construcciones de seres degenerados: “Llegado a los confines del análisis, aterrado de la nada que allí descubre, vuelve sobre sus pasos e intenta agarrarse a la primera certidumbre que pasa; pero le falta ingenuidad para adherirse a ella plenamente; a partir de entonces, fanático sin convicciones, ya es más que un ideólogo, un pensador híbrido, como se encuentra en todos los periodos de transición”.

No creer en nada

En una entrevista, la última, concedida por Cioran en 1990, se aclaran, sin embargo, algunos puntos que quedaban oscuros en su obra, fragmentaria y aforística. Aunque, en realidad, también la entrevista es obra. Cioran reconoce que ha experimentado siempre la “tentación” de creer, un sentimiento, más que religioso, místico. Pero al lado de eso estaba una imposibilidad de creer. Quizá un placer en negar.

Por eso, porque no cree en Dios, no es capaz ya de creer en nada, coincidiendo, a su modo, con la célebre frase de Dostoievski: “si Dios no existe, todo es posible”. Y en las antípodas de otra famosa frase, ésta de Chesterton: “Cuando no se cree en Dios, ya no se puede creer en nada; y entonces se puede creer en cualquier cosa”. “Tampoco conseguí nunca creer profundamente en nada”, dice Cioran.

Polemiza con Mircea Eliade, otro rumano, el conocido historiador de las religiones: “En mi opinión, Eliade nunca fue un ser religioso. Si lo hubiera sido, no se habría ocupado de todos esos dioses. Quien posee una sensibilidad religiosa no se pasa la vida enumerando los dioses, haciendo el inventario. No se imagina uno a un erudito arrodillándose. Siempre he visto en la historia de las religiones la negación misma de la religión. Es algo seguro, no creo equivocarme en ello”. Pero se equivoca: hacer la historia de la fenomenología religiosa es compatible con la creencia en un único Dios, de modo semejante a como la existencia de Yavé es compatible con la multiplicidad de ídolos.

Lo demoníaco

Cioran tiene el mérito de la claridad de su confesión. Cuando le preguntan por qué ese encarnizamiento contra lo religioso, responde: “Creo que era una cuestión de orgullo. Era una cuestión de orgullo en el sentido de que creer en Dios significaba para mí humillarme. Aquí hay un aspecto demoníaco muy grave, ya lo sé…”

Que llega hasta “escandalizar a uno de esos pequeños”. Cuando, aún jóvenes, su hermano le comunica que desea ingresar en un monasterio, Emil se pasa seis horas argumentando en contra de la religión, con todo tipo de tópicos, calumnias… El entrevistador pregunta: “¿Tenía usted el derecho de obligarle moralmente de esa manera?”. Y Cioran: “No, por supuesto que no. Por ejemplo, me habría podido contentar con decirle que no tenía sentido… Pero el encarnizamiento con el que quise persuadirle fue verdaderamente diabólico (…) Lo que hice entonces me ha parecido más tarde de una extraordinaria crueldad. Por lo tanto, me he sentido en cierto modo responsable del destino de mi hermano, que fue trágico”.

Cioran no es autor de ningún sistema, sino de una literatura esencialmente autobiográfica. Una literatura que se sostiene, como todas las que se sostienen, por la belleza del estilo, basado en una sinceridad que llega a ser completa lucidez, como la de algunas enfermedades mentales. Eso es lo que hay, por ejemplo, en este fragmento: “Pues nuestro destino es pudrirnos con los continentes y las estrellas, pasearemos, como enfermos resignados, y hasta el final de las edades, mantendremos la curiosidad por un desenlace previsto, espantoso y vano”.

Pasando página

Hoy todo eso ya no atrae, porque está falto de dos ingredientes: el humor y la compasión. Hoy se puede tratar de lo más trágico, pero hasta el pesimismo tiene que ser divertido. Hoy se puede ser cruel, pero no sin amor, sin una cósmica simpatía por el universo.

Cioran toca con frecuencia el registro del humor, pero es un humor sin gracia. Y tiene un profundo e interesante discurso sobre el amor, pero casi nunca sobre la ternura. En otras palabras: Cioran es serio, ceñudamente serio, en un estilo que ya, si correspondía a las postrimerías del existencialismo, hoy está difunto.

Cuando Cioran estaba, entre 1935 y 1945, madurando lo más importante de su postura, el mundo atravesaba un periodo verdaderamente trágico. Pero desde entonces a 1990, Cioran no cambió nada, se limitó a repetir lo mismo, limando cada vez más el estilo. Ahora, en 1995, cuando muere después de los años de silencio que le impuso la enfermedad de Alzheimer, saldrá a la venta El ocaso del pensamiento, de 1940, pero sólo ahora publicado en la versión francesa. Es el fin del pesimismo, de un estilo que se ha vuelto estereotipado, algo sobre lo que ya no se puede insistir más.

Aforismos para El ocaso del pensamiento, obra póstuma de Cioran, aparece ahora en la edición castellana, en Tusquets. Ofrecemos algunos textos, como muestra del estilo y de los contenidos del escritor.

“De los hombres me separan todos los hombres”.

“Sufrir es la manera de estar activo sin hacer nada”.

“Las creaciones del espíritu son un indicador de lo insoportable de la vida. Exactamente igual en el heroísmo”.

“Quisiera que, a mi muerte, fantasmas de ángeles caídos entonaran plañideros cánticos con fragmentos de melodías recopiladas en mi corazón, un corazón afinado desde su nacimiento para acompasar su coro”.

“La súbita revelación de la irrealidad cuando, poseído por el pánico, te entran ganas de dirigirte al policía de la esquina para preguntarle si existe el mundo o no… Y qué rápidamente te tranquilizas contento por la incertidumbre… Porque realmente, ¿qué es lo que harías si existiera?”

“Sólo una cosa dolorosa hay en la tristeza: la imposibilidad de ser superficial”.

“Pascal, pero sobre todo Nietzsche, dan la impresión de ser reporteros de la eternidad”.

“Siempre que paseo entre la niebla, me descubro mejor a mí mismo. El sol nos enajena, pues al mostrarnos el mundo nos liga a sus mentiras. Pero la niebla es el color de la amargura”.

Rafael Gómez Pérez