Dissertação: “O pessimismo de Cioran e Céline: o desafio de pensar sem utopia”

Dissertação de mestrado de Fernando Santarosa de Oliveira. Pós-graduação em Letras da Universidade Federal de São João Del Rei (UFSJ), agosto de 2016. Orientação: Anderson Bastos Martins.

cioranceline

RESUMO: O filósofo romeno Emil Cioran (1911 – 1995) dedicou grande parte de sua obra à crítica dos ideais utópicos que guiaram o pensamento de seu tempo. Seu pessimismo foi a pedra de toque dessa crítica. Louis Ferdinand Céline (1894 – 1961), escritor francês conhecido por sua relação direta com o nazismo e por sua escrita revolucionária, em seu primeiro livro, Viagem ao fim da noite, escreveu sobre a queda de grande parte desses mesmos ideais, a partir de uma visão tão pessimista quanto a do filósofo romeno. É nesse contexto que surge o interesse desse trabalho. O objetivo é pensar a obra de Céline a partir do pessimismo de Cioran e, ainda, como esse pessimismo encontra eco nas teorias pós-modernas, funcionando ora como um princípio dessa forma de pensamento, ora como consequência do mesmo.
Palavras-chave: Cioran, Céline, pessimismo, utopia, pós-modernidade.

ABSTRACT: The Romanian philosopher Emil Cioran (1911-1995) devoted much of his work to criticize the utopic ideals, which were guide to the thought at his time. His pessimism was the touchstone of such criticism. Louis Ferdinand Céline (1894 – 1961), a French writer known for his straight relation to Nazism, and for his revolutionary writing, in his first book, Journey to the End of the Night, he wrote about the fall of great part of those ideals, from a view as pessimist as the Romanian philosopher’s. This is the context that raises the interest of this paper. The aims is to analyse Céline’s work from Cioran’s pessimism, and, in addition, how this pessimism finds echo in the post-modern theories, working either as the principle of that way of thinking, or as a consequence of it.
Key-words: Cioran, Céline, pessimism, utopia, post-modernity.

INTRODUÇÃO

Nos primeiros momentos que deram origem a este trabalho, a ideia de uma dissertação sobre distopia parecia ser a melhor opção para responder ao desafio de pensar sem utopia. Para tal intento, escritores como George Orwell e Aldous Huxley seriam opções mais óbvias. Mas a ideia principal aparece com as leituras de Emil Cioran e de autores de filosofia mais aclamados, como Friedrich Nietzsche e Arthur Schopenhauer, também eles opções óbvias. Mas foi com Louis Ferdinand Céline e seu livro Viagem ao fim da noite (2009) que surgiu verdadeiramente a possibilidade de responder ao desafio. Louis Ferdinand Céline (1894-1961) e Emil Cioran (1911-1995) parecem complementares, até mesmo indissociáveis em alguns momentos, como se falassem, tanto à literatura quanto à filosofia, da necessidade de pensar a condição humana a partir de um pensamento não utópico, sem, no entanto, delimitar um horizonte necessariamente distópico… [+]

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Rosset et Cioran (par Céline)

ENS Ulm – 4 avril 2006 – Atelier Clément Rosset

Rosset face au monstre du pessimisme : Cioran

Rosset cherche, dans son post-scriptum à La Force majeure consacré à Cioran, en quelque sorte les causes de ce qu’il nomme le « mécontentement de Cioran » : incapacité à digérer, pour reprendre la métaphore de Rosset, le réel dans sa totalité, « l’existence en général » comme il l’écrit. Indigestion qui prend la forme du sentiment de l’insignifiance (terme qu’il faudra élucider) dans lequel on peut bien reconnaître le pessimisme le plus noir… Il apparaît en effet que Rosset tient beaucoup plus Cioran pour un pessimiste que Schopenhauer… Ce que Cioran pense également en affirmant : « Je n’ai jamais lu un sermon de Buddha ou une page de Schopenhauer sans broyer du rose ». D’ailleurs, l’opposition avec Schopenhauer réapparaîtra au niveau du beau : consolateur ou inexistant. Mais alors pourquoi Rosset s’intéresse-t-il tant à ce contempteur du réel, ce pessimiste sans joie ? Peut-être pour affronter une fois pour toutes son double à lui (pas celui avec qui il a passé de nombreuses soirées plutôt joyeuses qui était d’après lui « un homme très drôle et plein de vitalité » mais avec celui qui a écrit des livres comme L’Inconvénient d’être né …). C’est bien un sentiment d’accord entre les deux auteurs qui ressort de la majeure partie de cet essai. Et pourtant, on a aussi l’impression que Cioran est celui contre lequel il a fondé sa philosophie : comme si la joie lucide rossetienne était un rempart à Cioran.

Dans L’Inconvénient d’être né en particulier, de nombreux passages sont consacrés à cet amer constat de « la morne insignifiance de toute chose ». Constat que d’un certain côté Rosset accepte en refusant à la réalité tout double mais aussi tout sens, toute signifiance. A partir du constat du sentiment d’insignifiance comme origine du pessimisme de Cioran, Rosset creuse cette notion et distingue à juste titre deux insignifiances qui structurent la pensée de celui-ci.

L’une est une insignifiance intrinsèque que l’on peut percevoir notamment à travers le thème du « hasard de l’existence », plus que présent chez Cioran : « Il y a dans le fait de naître une telle absence de nécessité, que lorsqu’on y songe un peu plus que de coutume, faute de savoir comment réagir, on s’arrête à un sourire niais » où le sourire est loin de représenter quelque adhésion joyeuse à la vie que ce soit. Ou bien encore « Je sais que ma naissance est un hasard, un accident risible, et cependant, dès que je m’oublie, je me comporte comme si elle était un événement capital, indispensable à la marche et à l’équilibre du monde ». Ce refus absolu de la nécessité est un des principes que Rosset reprend à son propre compte : une théorie du hasard qui serait héritée de Lucrèce et de Pascal. Ce qui est assez étonnant dans la mesure où Cioran ne cite pas une seule fois Lucrèce dans ses écrits français tout du moins. Mais en effet, ce rapprochement avec l’épicurisme paraît tout à fait juste, Cioran faisant grand cas d’Epicure, pour lui « le moins fanatique des sages » comme il l’écrit dans Ecartèlement et le seul récupérable avec Pyrrhon dans l’Antiquité d’après Aveux et anathème. Peut-être que le fait de tirer Cioran du côté d’un poète, Lucrèce, plutôt que d’un philosophe, Epicure, relève-t-il du désir chez Rosset de consacrer le refus du titre de philosophe que professait Cioran au profit de celui de « penseur d’occasion », lui qui a également écrit un « Adieu à la philosophie » dans le Précis de décomposition (« L’originalité des philosophes se réduit à inventer des termes » et ainsi « En regard de la poésie, la philosophie relève d’une sève diminuée et d’une profondeur suspecte, qui n’ont de prestige que pour les timides et les tièdes »). L’autre : l’insignifiance extrinsèque a partie liée avec la position de l’homme (et d’ailleurs de chaque chose existante) dans le monde, telle que l’analyse Pascal, entre le tout et le rien… malheureusement entre l’infini et le néant. Situation dérisoire et horrifiante que Rosset résume à merveille : « à la fois être quelque chose et ne compter pour rien ». Une médiocrité à proprement parler : une position de milieu et donc finalement de peu de valeur, de peu d’intérêt. A la fois trop et trop peu, pour reprendre les termes pascaliens. Situation qui mène à l’inaction désespérée : « Ne plus rien faire, parce que tout acte est ridicule dans l’infini » (Précis de décomposition). De bons exemples de cela dans les petites anecdotes rapportées : comme le jour où Cioran cesse de se raser en ayant appris l’existence de milliards de soleils à la radio, événement banal qui lui a renvoyé en pleine face –presque au sens propre ici !- l’aspect dérisoire de sa présence dans l’univers… L’existence humaine est une « trace indosable » qui nous condamne à « être un ceci à jamais négligeable dans l’infinité de tous les cela ». Le phénomène typique de cette médiocrité est bien la mort : il s’agit là pour Rosset de « l’aspect le plus voyant et douloureux de cette incurable pauvreté de l’existence » même si ce n’est pas forcément le plus important. J’irais même plus loin en affirmant qu’il ne s’agit là que d’un symptôme, d’un révélateur : « Ce n’est que dans la mesure où, à chaque instant, on se frotte à la mort, qu’on a chance d’entrevoir sur quelle insanité se fonde toute existence ». Il est bon de rappeler la phrase de Cioran qui me frappe toujours autant : « Nous ne courons pas vers la mort, nous fuyons la catastrophe de la naissance » (toujours dans l’Inconvénient d’être né). Et même, j’ai plus l’impression qu’il s’agit là d’un phénomène lié à l’insignifiance intrinsèque : Cioran en parle toujours en liaison avec le hasard de l’existence, et de façon individuelle : considérée en soi seule, ma mort fait ressortir mon insignifiance. Mais ce pessimisme va encore plus loin que celui de Pascal s’il en est un, dans le sens où pour Cioran, un changement de statut de l’humanité ne serait en rien une solution : c’est l’exception individuelle qui seule pourrait constituer un statut souhaitable. Il pourrait se faire que mon insignifiance intrinsèque soit compensée si j’arrivais à me persuader qu’en réalité mon existence relève d’une nécessité divine ; mais restera encore et toujours mon insignifiance extrinsèque par rapport aux autres, ce que Rosset nomme ma « présence infime », puisqu’ils seraient alors marqués de la même nécessité. Réflexion qui lui a peut-être été inspirée de cette interrogation de Cioran : « En tout dernier lieu, il est tout à fait indifférent que l’on soit quelque chose, que l’on soit même Dieu. De cela, avec un peu d’insistance, on pourrait faire convenir à peu près tout le monde. Mais alors comment se fait-il que chacun aspire à un surcroît d’être, et qu’il n’y ait personne qui s’astreigne à baisser, à descendre vers la carence idéale ? ». Question que Rosset met très justement en relief je trouve : « Qu’y aurait-il de plus reluisant pour moi à être éternel parmi les éternels, plutôt que mortel parmi les mortels ? ». Interprétation de Rosset qui paraît très juste pour révéler le caractère inconsolable de son désespoir.

Plusieurs conséquences tout à fait positives de cette lucidité que Rosset présente aussi pour lui-même : sens critique qui fait s’opposer à toutes les illusions, à tous les doubles au final, comme la religiosité, le sens de l’histoire, le positivisme. Finalement, toutes illusions que Rosset classe sous l’idéologie au sens large : « l’incapacité à savoir ce qu’on sait, à assumer son propre savoir ». Rosset n’hésite pas à dégager tout à fait Cioran de cette accusation et pourtant, Cioran ne paraît pas si clair sur nombre de ces sujets : si en effet dans le premier chapitre du Précis de décomposition il montre que quasiment tout relève de la religion, dressant une « généalogie du fanatisme » à laquelle n’échappent pas justement l’histoire, le culte de la Raison et même la philosophie, et prononçant ce jugement sans concession qu’« On ne tue qu’au nom d’un dieu ou de ses contrefaçons », Simona Modreanu n’hésite pourtant pas à titrer un de ses ouvrages Le Dieu paradoxal de Cioran et à décrire le parcours de Cioran en ces termes : « le jeune Cioran a été friand d’émotions mystiques, l’adulte s’est montré séduit par le dualisme gnostique, tout en se laissant doucement pénétrer par la bien plus revigorante et revitalisante sagesse orientale »). En tout cas il est certain que ce pessimisme révèle l’aveuglement de toute croyance face à sa propre lucidité, comme Rosset le dira lui-même.

Autre conséquence positive qui découle de cette lucidité, un certain scepticisme, en opposition à l’Intellectuel fatigué, incapable de soutenir la lucidité à laquelle il parvient et qui se cache derrière les idéologies. Le scepticisme en réponse au dogmatisme en quelque sorte…

Mais aussi des conséquences néfastes de ce pessimisme sans consolation (à l’opposition d’une philosophie de Schopenhauer ou de Montaigne) : l’absence total d’apaisement. Le mécontentement de Cioran est donc bien plus fort que tout autre, car il ne peut déboucher sur aucun calmant. Ou si peut-être un : atteindre le néant par le suicide comme le souligne Rosset (« c’est le privilège du suicide que d’être ici l’unique voie de salut qui soit raisonnable et crédible ») puisque le rien est un état plus enviable que le presque rien de l’existence. On voit par cette conception du suicide, qu’il faut un peu remettre en cause le statut de la mort chez Cioran que Rosset avait fait ressortir : elle n’est pas du tout que le signe d’une insignifiance –extrinsèque ou intrinsèque comme on voudra- mais elle devient à elle seule, paradoxalement, avec la possibilité du suicide, la seule expérience qui fasse sens, en orientant l’existence humaine en général (d’où est né le dégoût pessimiste) : « La vie n’est rien, la mort est tout ». Mais il faut aussi remarquer que même chez Cioran, la voie du suicide est loin d’être une solution à part entière : d’abord parce que la mettre en pratique est difficile –il ne faut pas le nier- ensuite parce que la mettre en pratique est impossible au sein même de cette philosophie qui refuse tout acte, toute décision menant à application. La solution, s’il en est une, serait plutôt, comme l’explique Cioran lui-même, dans la simple idée du suicide, sorte de sortie de secours dont la présence (rassurante) suffit en tant qu’horizon. Solution toute fondée sur la tautologie elle-même : si je n’avais pas l’idée du suicide, je ne pourrais effectivement pas me suicider… Mais de cette possibilité seule découle une liberté pour l’homme.

Cette impossibilité d’apaisement peut s’exprimer comme « l’interdiction qui s’ensuit de constituer quoi et qui que ce soit en objet d’amour ou d’intérêt ». Conséquence la plus grave pour Rosset, car de là naît principalement la joie : ainsi, pas de beau : on voit bien en quoi la différence s’accuse ici avec Schopenhauer. Pas d’apaisement par la contemplation esthétique, pas d’apaisement par une quelconque pitié, pas d’apaisement dans un renoncement bouddhique. Rosset croit découvrir chez Cioran seulement l’administration ponctuelle d’un «calmant» (penser à autre chose) : mais en réalité, pour Cioran, il n’est pas vraiment loisible de penser à autre chose…

Bref, après ce développement assez long sur Cioran, et qui peut paraître autonome, Rosset prend soin de le rattacher à sa philosophie propre. Et on comprend que ce lien est loin d’être anecdotique : on pourrait dire que la philosophie de Cioran a constitué son idée du tragique (pas de sens caché aux chose à découvrir, refus des doubles, etc) MAIS que Rosset lui a associé son idée de la jubilation au sein même du tragique. Il adapte cette thèse aux termes –pascaliens- dans lesquels il a rendu la pensée de Cioran : il produit l’hypothèse « d’une satisfaction totale au sein de l’infime même ». Ainsi la question fondamentale de la philosophie de Rosset « y a-t-il une alliance possible entre la lucidité et la joie ? » semble être déduite directement de Cioran. Je l’ai ressentie comme cela en tout cas.Il prend même en compte des objections virtuelles que pourrait opposer Cioran et les récupère à son propre compte : c’est l’absurdité de cette joie follement inexplicable et consciente de son absurdité qui en fait son intensité et sa valeur. On voit une sorte de désaccord fondamental qui serait tout simplement celui de deux personnalités, de deux dispositions d’esprit : Rosset n’oppose pas d’arguments à Cioran, mais seulement un constat. Une telle joie existe : Mozart, Nietzsche, sans parler de Rosset en personne… Joie de vivre à laquelle il apparaît bien vain de lui opposer sa dépression nerveuse (seulement une maladie d’après lui contre laquelle on ne peut rien faire mais qui a été aussi une fortification de la joie comme il explique dans son interview avec Jean Blain). Mais un tel constat est-il vraiment tenable ? Pour ma part, j’aurais tendance à soutenir que le contre-argument de Cioran tient toujours : peut-être peut-il y avoir une joie au sein de la lucidité, mais plutôt comme une pause, des temps de répit. Ce qu’il faut encore montrer… En tout cas, ce qui ressort de ce texte je trouve, c’est l’insignifiance qui frappe la joie rossetienne elle-même : son caractère totalement hasardeux (sur quel individu tombe-t-elle ?) est un nouveau signe de tragique. Ce que Rosset tournerait une fois de plus à son avantage bien sûr en y trouvant là une marque encore plus grande de sa valeur.

Aprendiendo del enemigo (Fernando Savater)

Fernando Savater — EL PAÍS, 11 OCT 2003

Aseguraba Unamuno que, a diferencia de la mayoría de los lectores cuando subrayan, él sólo marcaba en los libros las afirmaciones con las que no estaba de acuerdo: son las únicas que le estimulaban a pensar, porque las opiniones que coincidían con las suyas ya se las sabía. Desde luego los adversarios inteligentes son la cocaína del espíritu desprejuiciado (que nada tiene que ver con ser poco juicioso o incapaz de juzgar). Disfrutar con lo que nos desmiente -mientras tenga ingenio y resulte capaz de argumentar contundentemente- confirma nuestra siempre incierta madurez: porque en tanto somos tiernos aprendices sólo podemos permitirnos estudiar a los profetas y maestros que menos trastornan la exaltación de nuestra fe. De modo que como tributo a la mayoría de edad del lector políticamente correcto debe tomarse el número (excelente) que la indócil revista Archipiélago dedica a lo que llama La inquietante lucidez del pensamiento reaccionario. Ahí se recoge y analiza la voz de quienes con mayor brío y más peligroso acierto llevaron la contraria al pensamiento ilustrado, regeneracionista, democrático, igualitario y políticamente liberal que ha caracterizado el optimismo progresista mayoritario desde hace doscientos años. El progreso ilustrado debía llevar a la felicidad social: como este ideal en el mejor de los casos claudica y en el peor se aleja, los que advirtieron contra él merecen volver a ser escuchados…

En realidad, los llamados reaccionarios señalan en muchas ocasiones las grietas por las que comenzará a cuartearse el radiante futuro prometido: en ello se distingue al verdadero reaccionario del simple retrógrado, pues mientras que este último sencillamente es incapaz de comprender las novedades históricas, el otro las entiende con frecuencia mejor que sus mismísimos promotores… Dentro de la amplia categoría de “reaccionarios”, por supuesto, no sólo caben especímenes poco simpáticos de trituradores del prójimo como Joseph de Maistre, Céline o Carl Schmitt sino también populistas perspicazmente antiplutócratas como Chesterton (al que Santiago Alba consagra un estupendo artículo) o partidarios de un humanismo complejo y “vitaminado” como Nietzsche. El número de Archipiélago los repasa a todos ellos, sin olvidar a oponentes teológicos del progreso como Donoso Cortés o disidentes metafísicamente existenciales como Cioran, pero tampoco a los radicales antipolíticos de la novela negra americana (Hammett, James M. Cain, Jim Thompson, etcétera) ni el uso hagiográfico que hizo Leni Riefenstahl del documental al servicio del nazismo, contrarrestado por la desmitificadora lectura de Chaplin en El gran dictador según argumenta sugestivamente Ana Useros Martín.

Sin embargo, desde el punto de vista teórico, el artículo que suscita un debate más interesante es a mi juicio el de Yann Moulier Boutang, titulado: ¿Hay un uso de izquierda del pensamiento reaccionario?. Los autores reaccionarios clásicos, digamos que tradicionales -es decir, los que hemos mencionado hasta ahora-, pertenecen a lo que generalmente se ha venido llamando el pensamiento “de derechas”. Pero en Francia un discutidísimo panfleto reciente firmado por Daniel Linderberg y dirigido contra “los nuevos reaccionarios” denuncia como tales a una serie de intelectuales encuadrados más bien en la izquierda e incluso en la extrema izquierda. Algunos de ellos son conscientemente “antiprogresistas”, señalando con razón las deficiencias de un concepto de “progreso” o “modernidad” que coincide punto por punto con la disolución de las trabas que se oponen en cualquier parte del mundo a la extensión irrestricta del mercado capitalista, casi nunca tan “libre” como pretende ser. ¿Que se enfrentan en ocasiones, como les reprocha Linderberg, a la democracia realmente vigente? Moulier Boutang los defiende elocuentemente señalando que nadie tiene el monopolio de la democracia y que quizá hoy “defender la democracia signifique salir de la democracia incompleta”. Puede ser y sin embargo…

Demos la vuelta a la pregunta que da título al artículo citado: “¿hay un uso reaccionario del pensamiento de izquierda?”. Es decir: ¿funciona en ocasiones el rótulo izquierdista como coartada de actitudes y movimientos políticos que se oponen no al progreso entendido como ampliación actualizada del capitalismo sino al cualquier sentido emancipador de la ambigua voz “progreso”? Desde la experiencia de lo ocurrido en el País Vasco, por ejemplo, algunos responderíamos sin dudar afirmativamente. El pesimismo me impide descartar como imposible que fórmulas políticas podridas hasta la médula como la IU de Madrazo tengan futuro en Euskadi: pero nada podrá obligarme a que califique tal deriva como “progreso” o “alternativa de progreso”. Otro caso: recientemente apareció en las páginas de este periódico un manifiesto a favor de Fidel Castro, firmado por numerosos intelectuales (entre los que figuraban tres o cuatro de los colaboradores del número de Archipiélago). El texto de la proclama defendía entre otras cosas la dictadura y la pena de muerte por buenos motivos, tras un pringoso sermón sobre el papel de los intelectuales comprometidos que demostraba por sí sólo que lo inquietante de ciertos reaccionarios no es precisamente la lucidez. ¿No habrá llegado la hora de dedicar también una reflexión detenida a esta forma de reacción?

La inquietante lucidez del pensamiento reaccionario, revista Archipiélago, número 56. http://www.archipielago-ed.com.

Cioran cerca de su centenario

Cioran cerca de su centenario.

Por Claudio Isaac –  Octubre 2008

En una revisión de los retratos fotográficos que se le hicieron a Emile Michel Cioran a lo largo de las décadas desfilan las austeridades de su vestir, la expresión corporal del ermitaño, el rigor patente en las líneas de expresión, que también delatan excentricidad, el cabello a veces rasurado en las sienes a una usanza que raya en lo castrense, pero que es abundante, descuidado e hirsuto desde que le nace en la frente y en toda la parte superior del cráneo, los pómulos angulosos que adelgazan la cara en la juventud y pronuncian su gravedad en la vejez. La energía contenida en las placas tomadas por Sophie Bassouls, la languidez que se deja ver en los retratos postreros de Irmeli Jung. En todas estas imágenes, debajo de las cejas pobladas, largas y despeinadas, el brillo de ese ojo en vela perenne. La desesperación inequívoca del rostro mudo. En el fondo, las apariencias no engañan y la cara terrible de Cioran corresponde a lo que nos ha legado por escrito.

Pronto en su trayectoria se aboca al fragmento como género, y así su trabajo entero produce una sensación emparentada a la que por accidente histórico nos dejan los presocráticos, la nobleza de una obra en trozos que sugiere, apunta a algo, pero no impone una visión absoluta a la manera de Aristóteles o Kant; queda libre del mal de los sistemas de pensamiento filosófico que se pretenden completos y producen el efecto de la doctrina totalitaria. Cioran, como Parménides o Heráclito, se presta a la interpretación abierta, a la construcción de una visión ecléctica.

Más allá de eso, por tener un puñado de ideas de las cuales no quiere salir, alrededor de las cuales erige todo su trabajo, con variantes de registro, variantes sintácticas, variantes de fraseo y orquestación, resulta que, más que un filósofo en el sentido clásico, es un prosista exquisito: un estilista. Porque no se conciben sus sentencias inflamadas, el poder sonoro de su provocación o sus consignas sacrílegas sin el giro literario, el matiz lingüístico. Los títulos mismos de los libros, Silogismos de la amargura, Del inconveniente de haber nacido, El aciago demiurgo, denotan un equilibrio impecable de las palabras, un don para lo preciso y lo rotundo. Los atributos del escritor que refuerzan el efecto, redoblan al pensador. Por su adjetivación y su manejo de la tensión fraseológica, a veces está más cercano a un Borges ocupado del infierno (o los infiernos posibles) o al Pessoa de El retorno de los dioses. A diferencia de autores de frases célebres y aforismos como Goethe, Lichtenberg o La Rochefoucauld, que se ocupan de una pléyade de temas, Cioran es casi monotemático.

Quien repase los inicios del pintor holandés Piet Mondrian hallará un curioso cuadro, Estudio inacabado con luna. El título mismoexplica mucho del contenido inesperado de este óleo de fecha 1906-1907: en la extensión de un campo brumoso, un árbol negruzco, tan negruzco y frondoso que pudiera semejar un manchón de óleo negro casi a la mitad de la composición. En un tercer plano, una pequeña luna amarillenta irradia su luz del lado derecho de la tela. Una pintura rica en texturas, misteriosa y cálida a la vez. Un cuadro, acaso descuidado en un sentido técnico, que denota, sin duda, la primera intención del pintor. Nada más lejano a lo que conocemos de la obra representativa del Mondrian geométrico, premeditado, terriblemente frío. Con su sentido místico, nos dirán los historiadores del arte, pero frío al fin.

El descubrimiento de este paisaje inacabado se antoja óptimo para ilustrar el caso en el que una parte contradice al todo, una obra en particular parece poner en jaque el conjunto de la producción posterior del artista. Algo semejante ocurre cuando uno se encuentra con los Cuadernos inéditos de Cioran, específicamente al leer el siguiente texto.

Ayer, a bordo del tren que me llevaba de Compiegne a París. Frente a mí, una joven (¿19 años?) y un joven. Trato de combatir el interés que tomo por la joven, por su encanto, y, para lograrlo, la imagino muerta, en estado de cadáver avanzado, sus ojos, sus mejillas, su nariz, sus labios, todo en plena putrefacción. Nada fue eficaz. El encanto que ella desprendía seguía actuando sobre mí. Tal es el milagro de la vida.

Tanto este apunte, donde el nihilista se enamora de la existencia y nos lo confiesa casi entre paréntesis, como el cuadro en que el pintor que será adalid del abstraccionismo muestra una vena de apasionamiento romántico, son brotes inhabituales. Vistos a posteriori representan resquebrajaduras que nos sugieren que el corpus fundamental de sus respectivas obras puede estar sustentado en una negación monumental. Una negación que tensa la cuerda y propicia el registro particular, característico de ellos. Quizás haya aquí algo monstruoso y también muy humano. En mayor o menor escala, es seguro que todo esfuerzo creativo contiene algo de este fenómeno: la supresión de un ángulo vulnerable en aras de edificar la identidad anhelada como propia; acaso aquí se trate de un perfil de reciedumbre para sobreponerse al embate diario de la vida. Esta contradicción abre una perspectiva desde la que se puede evaluar de modo distinto la producción posterior de Mondrian o releer cada página del pensador rumano. En el fondo, tras la severidad, tras la sentencia tajante y cáustica de Cioran, podría aparecer esta segunda esencia suya, que ya no sabremos si corresponde a una fragilidad que humaniza y puede conmover aún más, o si nos habla de los horrores de ese pasado suprimido, las simpatías con el nazismo, los afanes y las actividades innombrables de los camisas negras, a cuyo movimiento se unió de muy joven, todo aquello que desgarradoramente nos viene a señalar Mihail Sebastian en su Diario (1935-1944) y que antes nadie sospechaba. Estas revelaciones obligan a tratar el caso de Cioran con el espíritu de disección que se aplica a los colaboracionistas, traidores o simpatizantes del fascismo y el hitlerianismo, Knut Hamsun, Louis-Ferdinand Céline o Pierre Drieu La Rochelle: nos resulta indispensable un deslinde entre obra y biografía, los méritos de una y los yerros de la otra. Poder apreciar cada cosa en su lugar. Y, por otro lado, estudiar su interrelación.

Al final de la Segunda Guerra Mundial, Drieu La Rochelle razonó: yo colaboré con el enemigo, en el entendido de que antes que franceses somos europeos; pero el enemigo no fue inteligente y además perdió, lo que me hace culpable de alta traición; por lo tanto, reclamo la muerte. Y se pegó un tiro. Por más repugnantes que fueran sus inclinaciones políticas, hay una innegable estatura humana en el modo de razonar y encarar la conclusión del juego de intereses. En el caso de Cioran, resulta triste pensar en la posible reinterpretación –necesariamente empobrecedora– de sus abismos e infiernos bajo la óptica de toda la información desenterrada.Y encontrarlo mezquino o impostado, siendo un escritor tan incendiario, tan a rajatabla y, supuestamente, honesto hasta el autoflagelo, incapaz de hacer concesiones. El ocultamiento de su propio pasado representa una doble decepción, una traición a la entrega de sus lectores y una negación a su valor de iconoclasta. Su centenario se acerca (2011) y la evaluación que se le rinda sin duda será indicativa del signo de los tiempos, dictará cómo habrá de reinterpretarse la expresión en sus retratos.