Le Monde: “Cioran et la chute de l’homme dans le temps”

mondeCe vendredi 8 avril a lieu la commémoration de son centième anniversaire (soit 15 ans après qu’Emil Cioran a rejoint les anges).

Par Pierre Assouline

LE MONDE DES LIVRES | 07.04.2011 à 10h39 [source]

Inutile de se précipiter sur le souple pavé “Quarto” réunissant ses oeuvres complètes, ni sur l’épais “Cahier” que l’Herne lui a consacré, pour y chercher une ou deux maximes juste assez désespérées, de nature à coller avec la commémoration de son centième anniversaire, ce vendredi 8 avril (soit 15 ans après qu’Emil Cioran a rejoint les anges). Tout ce qui est sorti de sa plume ne parle que de cela : la chute de l’homme dans le temps.

Les cioranologues, cioranophiles et cioranolâtres ont pu néanmoins lui souhaiter de vive voix un bon anniversaire. Non pas devant sa tombe au cimetière Montparnasse : c’est là qu’on a le plus de chances de le trouver absent. Plutôt ailleurs, précisément. Ces derniers jours, on pouvait saluer son spectre mélancolique dans la salle byzantine du Palais de Béhague. L’ambassade de Roumanie avait pris des allures de ciorangerie pour la circonstance : Alain Lecucq et sa compagnie y jouaient Mansarde à Paris, une pièce de Matei Visniec, histoire d’un philosophe franco-roumain qui, en quittant les bureaux de son éditeur, oublie l’itinéraire menant de la rue Sébastien-Bottin au carrefour de l’Odéon et se perd en Europe. Si la ville avait songé à apposer une plaque commémorative sur la façade du 21 de la rue de l’Odéon, rappelant qu’ici vécut un maître en syllogismes de l’amertume, sûr qu’il serait arrivé à bon port. Ce geste commémoratif fut d’ailleurs solennellement exigé lors d’un brillant colloque consacré au pessimiste jubilatoire au Salon du livre. Il y fut question de la fécondité de ses contradictions, du sens de son incohérence et du salut par l’oxymoron. La moindre des choses pour un paradoxe fait homme. Incidemment, on apprit que sa bibliothèque même était bancale ; il est vrai qu’il avait cru bon se faire menuisier pour l’occasion.

A Paris toujours, mais cette fois du côté de l’Hôtel Drouot, on s’apprête à célébrer un centenaire plus sonnant et trébuchant. Simone Baulez, l’opiniâtre brocanteuse qui sauva une trentaine de cahiers, dont le journal inédit du moraliste et plusieurs versions dépressives du fameux De l’inconvénient d’être né, en débarrassant sa cave, s’est vue confirmée dans ses droits par la cour d’appel à l’issue de plusieurs années de procédure. Encore faut-il qu’elle récupère son bien. Or la chambre nationale des commissaires-priseurs, adoptant une attitude kafkaïenne qui eût certainement inspiré l’Emil, refuse de lever le séquestre sur les documents tant qu’une décision de justice ne le lui ordonne pas expressément. On en est là, en attendant qu’une juridiction soit saisie par son avocat, Me Rappaport. Mais la brocanteuse, qui s’est engagée à tout céder en bloc, n’est pas pressée ; à ce jour, outre l’ambassade de Roumanie, le Musée des Lettres et Manuscrits a manifesté son intérêt.

Cioran à l’encan

En attendant, incroyable coïncidence, jeudi 7 avril, soit quelques heures avant que les saints en larmes ne soufflent ses bougies d’anniversaire, Cioran se retrouve à l’encan à Drouot sous le marteau de Binoche & Giquello, dans l’espoir que la vente atteigne des cimes. Discrétion oblige, on en ignore la provenance mais on peut la supposer familiale ; en effet, outre des textes manuscrits autographes et des notes de lecture, ces archives (122 numéros) valent surtout par l’importante correspondance intime de Cioran échangée entre 1933 et 1983 avec ses parents et son frère Aurel, ainsi que par des documents aussi personnels que ses diplômes, passeports, cartes d’identité, cartes d’admission à la Bibliothèque nationale, cartes de chemin de fer, etc. Toute dispersion est un serrement de coeur car elle est dispersion. N’empêche qu’à lui seul, le catalogue est déjà un document excitant pour les biographes, généticiens et historiens de la littérature. Tout ce que déteste Milan Kundera, si l’on en juge par l’édition non critique de ses “Pléiade” parues sous son contrôle. Tant pis pour lui : pour ses 100 ans, Prague ne pavoisera pas, alors que pour ceux de Cioran, Bucarest est en fête. Normal, puisqu’il disait penser en roumain avant d’écrire en français.

Stanislas Pierret, le directeur de l’Institut français de Bucarest, a proposé à Dan Perjovschi de “donner à voir” la pensée de Cioran dans les rues de la capitale. Celui-ci appose donc une trentaine d’affiches, à compter du 8 avril et durant un mois, partout où existent des noeuds de communication. Pour chacune d’elles, un fragment chu de l’oeuvre du moraliste et un dessin au feutre marqueur qui se veut tout sauf son illustration. Un aphorisme visuel en regard d’un aphorisme philosophique. L’un et l’autre enfants de Sibiu,ils se retrouvent à la rue sur les murs de Bucarest. On y lira peut-être ces lignes échappées de Bréviaire des vaincus III (L’Herne) : “Le devoir de celui qui écrit n’est-il pas de se trancher les veines sur la page blanche, de faire ainsi cesser le supplice des mondes informulés ?” Allez, joyeux anniversaire quand même !

Pierre Assouline

Emil Mihai Cioran nació hace cien años

MANUEL RÍOS RUIZ — Diario de Jerez, Espanha, 01.04.2011

UNA de sus afirmaciones que con el tiempo resultan más personales es la siguiente: “Un libro es un suicidio aplazado”. Y Emil Mihai Ciorán, autor de una amplia bibliografía no llegó a tal fin, pese a que quería dejar una imagen incompleta de sí mismo. Sí, no llegó a suicidarse, aunque sentía una fuerte frustración por el hecho de existir y vivir siempre enfrentado consigo mismo. Nació en Sibiu, Rumanía, en el 8 de abril de 1911, y murió en París a los ochenta y cuatro años de edad. De aquí a ocho días, pues, se cumple el centenario del nacimiento de uno de los filósofos más estudiados del pasado siglo.

Su obra escrita generalmente en francés, ha sido difundida en España por Tusquets Editores, dando a la estampa, a partir de los años ochenta, entre otros los siguientes títulos: “”En las cimas de la desesperación”, “El libro de las quimeras”, “El ocaso del pensamiento”, “Breviario de podredumbre!, “Silogismo de la amargura”, “La tentación de existir”, “Historia y Utopía”, “La caída en el tiempo”, “El maldito yo”, “De lágrimas y santos”…

Los títulos de sus tratados son la señal clara de su inquietud existencial, puesto que como bien se ha formulado, el pensamiento de Cioran, es de los más provocadores y destellantes de los contemporáneos. Hijo de sacerdote, como bien se ha escrito, en su libro “De lágrimas y santos”, Cioran se adentra en una reflexión profunda acerca del misticismo y la religión mediante bellos aforismos bastante cínicos. En uno de ellos llega a sentenciar: “En el juicio final sólo se pesarán las lágrimas”.

Sin pertenecer a ninguna tendencia filosófica, pensaba totalmente lo que se dice por libre. Tal vez marcado por lo que le dijo su madre: “Si hubiera sabido que ibas a vivir tan aguda infelicidad, habría abortado”. De ahí que Cioran escribiera: “Soy sólo un accidente. ¿Por qué debo tomarme en serio?” Y también: “La gente me produce asco, tengo asco hasta de mí mismo. Deseo una destrucción completa de todo lo humano, incluidos ellos e incluido yo, ya que no soy especial ni mejor que ellos”.

Realmente, Cioran no se consideraba un filósofo en el sentido ortodoxo del término, ni tan siquiera un escritor. Lo que le interesaba era contravenir lo establecido. Tal vez una de sus frases más reveladoras de su actitud sea la siguiente: “La razón es una puta que sobrevive mediante la simulación, la versatilidad y la desvergüenza”.

Otra frase de Cioran que ha sido repetida en los escritos sobre su obra, es la que transcribimos seguidamente: “La naturaleza, buscando una fórmula que pudiera satisfacer a todo el mundo, escogió finalmente la muerte, la cual, como era de esperar, no ha satisfecho a nadie”. Agria ironía donde las haya. Finalmente, reseñemos que para Cioran la única manera de soportar la existencia consistió en escribir constantemente, dejando un legado filosófico tan original como heterodoxo.

Eine Erinnerung an E. M. Cioran

Von Otto A. Böhmer

100. GEBURTSTAG AM 8. APRIL 2011 (www.Faust-Kultur.de)

Wenn ihm danach ist, gibt es der Herr den Seinen im Schlaf, was manchmal noch anhält, wenn der Schlaf sich rar macht und zur Schlaflosigkeit wird. Dies hat der Schriftsteller und Essayist Emile Michel Cioran unter Beweis gestellt, der einst unter massiven Schlafstörungen litt und zu der Einsicht gelangte, daß es mit Gott und der Welt nicht weit her sein kann. Cioran, der vor 100 Jahren im rumänischen Hermannstadt geboren wurde und am 20. Juni 1995 in Paris starb, verfiel auf seinen Grundgedanken als junger Mann von gerade mal einundzwanzig Jahren: „Ich habe damals Philosophie studiert. Philosophie ist sehr gefährlich für junge Leute, man ist unglaublich von sich selbst eingenommen. Dann geschah etwas in meinem Leben, ein Zusammenbruch. Ich habe den Schlaf verloren. Alle meine Nächte wurden schlaflose Nächte … Und dann habe ich mir gesagt: Du mußt ein Buch schreiben! So entstand mein erstes Buch ‚Auf den Höhen der Verzweiflung’. Ich hatte mehrere Titel im Kopf, aber ich konnte mich nicht entscheiden. Ich ging ins Café und fragte einen Kellner: Welchen von diesen drei oder vier Titeln würden Sie wählen? So war es bei meinem ersten Buch und beim nächsten auch.“

Ciorans Erstlingswerk, der Geniestreich eines übermüdeten jungen Mannes, der seine Nächte als Stadtstreicher wider Willen zubrachte, ist ein Buch von irritierender Haltlosigkeit, eine Gedächtnisschrift für das hintergründige Leid der Welt, zu dem sich ein Chronist herabläßt, der nicht mehr an den Symptomen herumkurieren möchte, sondern den literarisch geläuterten Untergang will. Ciorans Reisebericht aus der Höhenwelt der Verzweiflung fällt so leidenschaftlich aus wie die Kondolenzbekundung des Bestattungsunternehmers im Haus des Toten: „Alle überspannte Beflissenheit, um im Diesseits zu glänzen, aller teuflischer Zauber, um mir einen künftigen Nimbus zu erwerben, und der ganze Elan, den ich auf eine organische Wiedergeburt oder innerliche Morgenröte verschwendete, haben sich als schwächer erwiesen als die Bestialität dieser Welt, welche alle ihre Vorräte an Verderbnis und Gift in mich ausgegossen hat. Das Leben hält hohen Temperaturen nicht stand.“

In Ciorans Erstlingswerk gleichen die ausgegebene Durchhalteparolen einem Bekenntnis zur elitären Nachbesserung der wahnwitzigen, vielleicht auch nur versehentlich ausgetragenen Schöpfung. Die einmal geschaute Wahrheit ist schrecklich, aber nicht schrecklich genug, um nicht noch zusätzlich Zunder vertragen zu können, eine Flammenkur, der zumindest die herrschende Mittelmäßigkeit und ihr massenhaft über den Erdball verbreitetes Bedienungspersonal zum Opfer fallen müßte. „Wenn ich nur könnte, würde ich die gesamte Schöpfung in Agonie versetzen, um des Lebens Wurzeln von Grund auf zu läutern, sie mit weißglühenden und einschmeichelnden Flammen zu entzünden, jedoch nicht um sie zu zerstören, sondern um sie mit frischem Saft und unverbrauchter Glut zu beleben. Der Weltbrand, den ich entfachen wollte, würde nicht Trümmer, sondern kosmische Verklärung abwerfen.“

Die Beschwörung des kosmischen Weltbrandes als irdische Leidensfeier für nichtsahnende Gäste – ein solches Szenario, vorgetragen von einem gerade mal zweiundzwanzigjährigen Autor, durfte nicht nur als erstaunlich gelten, sondern schien auch dazu geeignet, Hohn und Spott hervorzurufen. Cioran konnte damit umgehen; er begegnete seinen Kritikern mit ruhigem, in der Sache jedoch unnachgiebigem Humor, der die eigene Person nicht schonte: „Dieses erste Buch war von einer provokativen Aufrichtigkeit. Meine Mutter war besonders beängstigt: Was wird aus Dir werden? Ich werde einen Arzt rufen. Der Arzt kam, er stellte mir Fragen, und danach hat er meiner Mutter gesagt: Ihr Sohn ist höchstwahrscheinlich Syphilitiker. Damals stand die Syphilis im Ruf einer Prestigekrankheit; wenn man die kleinste Extravaganz zeigte, hieß es gleich: er hat Syphilis. Ich habe damals ein Buch gelesen, dessen Verfasser ein Jugoslawe war, es hieß ‚Das Genie und die Syphilis’. Er … zitierte viele Namen von hochbegabten und angesteckten Geistern. Ich war sehr beeindruckt. Ich wollte Syphilitiker sein. Meine Mutter hat mich gezwungen, eine Blutuntersuchung machen zu lassen. Ich suchte einen Spezialisten auf. Meine Einstellung war zwiespältig, einerseits wünschte ich mir diese unverhoffte Chance, andererseits auch wieder nicht. Als ich bald darauf zu dem Arzt zurückkam, sagte er triumphierend: Ihr Blut ist rein. Sind Sie nicht froh darüber? – Eigentlich nicht, war meine Antwort.“ Ciorans Denken, angetrieben durch eine wachtraumhafte Abfolge nächtlicher Inspirationen, verblieb nicht im Bannkreis jener Höhen, die von den „Gipfeln der Verzweiflung“ markiert wurden. In der Folgezeit sah es sich zur Versachlichung angehalten, die mit einer Veränderung der realen Lebensumstände des Autors zu tun hatte: Nachdem Cioran, in einer kurzen, aber unrühmlichen Episode, die er nie verschwieg, den Faschismus lobte und zwei Jahre in Berlin lebte, ging er 1937 nach Paris, wo er sich dem Wagnis unterzog, eine Existenz als freier Schriftsteller zu führen und, was einer zusätzlichen Herausforderung gleichkam, in französischer Sprache zu schreiben. Als Philosoph sah sich Cioran nicht, eher als „mißglückten Buddhisten“, wie er einmal zu Protokoll gab. An der Philosophie störte ihn ihr ausgeprägter Ordnungssinn, ein fast beamtenhaftes Bemühen, das Chaos der erkennbaren Welt in Regelwerke zu kleiden, die nicht haltbarer sein konnten als die vom Zerfall bedrohten Körper ihrer Urheber. Cioran schrieb, um zu überleben, was grotesk anmuten durfte bei einem Schriftsteller, der mit dem Selbstmord auf vertrautem Fuße zu stehen schien – eine Vermutung allerdings, die Cioran nicht zu teilen vermochte:

„Schreiben ist die einzige Behandlung, wenn man keine Arzneien nimmt. Dann muß man schreiben. Man hat mich oft als “Apologeten des Selbstmords” gebrandmarkt. Ich bin es eigentlich nicht. Ich muß mich hier selbst zitieren: Ohne die Idee des Selbstmordes hätte ich mich seit langem getötet. Damit wollte ich sagen: diese Idee ist eine unglaubliche Hilfe. Das Leben wird dadurch erträglich, weil man sich sagt, ich kann mich töten, wenn ich will. Mit so einer Hoffnung kann man fast alles aushalten.“

Weitere Werke erschienen, sie hatten mutmachende Titel wie Lehre vom Zerfall, Die verfehlte Schöpfung, Gevierteilt oder Vom Nachteil, geboren zu sein. Mit zunehmendem Alter indes legte sich Cioran eine Gelassenheit zu, die man auch als Gleichgültigkeit auslegen durfte, zumal alles darauf hinzuweisen schien, daß Veränderungen nur als Illusionen Bestand haben konnten. Mochten in der Theorie noch große Visionen möglich sein, so erwies sich die Praxis als Betätigungsfeld für fanatisierte Menschheitsbeglücker, deren jeweiliges Scheitern mit dem Aufstieg neuer Ideologen verbunden war. Ein Fortschritt in der Geschichte fand nicht statt. Cioran registrierte dies als Aphoristiker, der im gut ausgebauten Unterstand der Skepsis eine Art Hausrecht beanspruchen durfte. Statt der Verzweiflung bediente er sich des Zweifels, den er zu einer Erkenntnisinstanz machte, die für tragisch-spielerische Einsichten zuständig wurde, nicht jedoch für moralische Gewißheiten: „Die Geschichte läßt sich nicht verteidigen. Ihr gegenüber muß man mit der unbeugsamen Apathie des Zynikers reagieren, wenn man sich nicht in die Allerweltsordnung einreihen und mit den Herden der Aufbegehrenden, der Mörder und der Gläubigen zusammen marschieren will … Wenn ihre Grausamkeit befriedigt ist, werden die Tyrannen leutselig; alles würde in seine Ordnung zurückkehren, wenn die Sklaven, eifersüchtig wie sie sind, nicht ihrerseits Anspruch darauf erhöben, die ihrige zu befriedigen. Das Bestreben des Lammes, ein Wolf zu werden, ist der Anlaß für die meisten Ereignisse. Solche, die keine Fangzähne besitzen, träumen davon, welche zu haben; sie wollen auch einmal diejenigen sein, die die andern verschlingen, und es gelingt ihnen dank der rohen Kraft ihrer Überzahl. – Die Geschichte: diese Dynamik der Geopferten.“

Mit zunehmendem Alter hat sich Cioran immer mehr vom Tagesgeschäft der Verzweiflung zurückgezogen. Daß sich für sein Weltverständnis heute mehr Belange denn je finden lassen, mußte ihn nicht beeindrucken: Die Menschheit geht den Weg, den sie gehen muß, wider besseres Wissen vielleicht, aber auch mit bemerkenswerter Sturheit. Obwohl Untergangsszenarien rege Zustimmung finden, möchte man das gute alte Prinzip Hoffnung noch nicht aufgeben, dem allerdings immer weniger Anlässe vorgelegt werden, sich bestätigt zu sehen. Cioran machte keine Anstalten, einem dahinsiechenden Optimismus wieder auf die Beine zu helfen – die Zukunftsvision, die er anzubieten hat, ist dafür von boshafter Eindringlichkeit: Der Mensch bringt sich selbst um, nicht weil er zu wenig, sonder weil er zu viel weiß: „Immer wieder stellt sich die Frage, wie der Mensch enden wird. Es gibt zwei Möglichkeiten: durch Kriege oder durch inneren Verschleiß. Der Mensch ist ein Abenteurer. Und ein Abenteurer kann nicht gut enden. Ich habe eine Marotte, ich glaube, daß der Mensch enden wird, wenn man auch das letzte Heilmittel gefunden haben wird. Man kann sich vorstellen, daß die Wissenschaft eines Tages alle Krankheiten besiegen kann, und daran wird der Mensch zerbrechen. Man muß die Idee annehmen, daß der Mensch verschwinden muß. Der Mensch war von Anfang an von der Obsession des Wissens beherrscht, er hat also sein Unglück gewollt. Sein Schicksal ist klar vorausgesagt in der Genesis. Er ist Opfer seiner Wissensbegierde, das ist heute offensichtlich; er war bereits offensichtlich für den oder die Verfasser des Ersten Buches der Bibel, so daß diese ursprünglichen Wahrheiten die wahren Wahrheiten sind.“

Der Untergang, über Jahrhunderte hinweg vorbereitet, scheint unabwendbar; die Frage bleibt nur, welche Generation das zweifelhafte Vergnügen haben wird, ihn endlich und endgültig zu erleben. Eine solche Gewißheit kann mutlos machen, sie kann aber auch zu einer stabilen Gelassenheit führen. So verliert letztlich sogar der Tod seinen Schrecken, über den sich ohnehin streiten läßt. Cioran ließ die gepflegte Düsternis seiner Lebenserwartung in Heiterkeit ausklingen, die als Fortsetzung der Verzweiflung mit anderen Mitteln gelten kann: „Wenn du einen Rat von mir willst, dann nimm diesen: Wenn Du nicht mehr lachen kannst, dann kannst Du Dich töten. Aber solange Du noch lachen kannst, warte, denn das Lachen ist ein Sieg über das Leben und über den Tod, es ist ein Zeichen dafür, daß man Herr über alles ist. – Mein Vater war Priester. Einmal, nach einem Begräbnis, hat er uns erzählt, daß, nachdem man den Sarg eines jungen Mädchens ins Grab gesenkt hatte, deren Mutter in Lachen ausbrach. Das war Wahnsinn, aber es ist nicht absolut sicher, daß es Wahnsinn war. Wenn ich es auch damals nicht ganz klar begreifen konnte, habe ich doch gespürt, daß der Tod und erst recht die Beerdigung eine unerträgliche und provokatorische Tragikomödie darstellen. Die Mutter konnte etwas so Ungeheuerliches und Undenkbares nicht ertragen. Das Leben und der Tod sind ein substanzloses Schauspiel, das das Lachen rechtfertigt. Die Schöpfung ist bloß ein Vorwand des Absoluten. Das Vedanta, das tiefste metaphysische System der Inder, behauptet mit Recht, daß Gott die Welt ‚nur aus Spiel’ geschaffen hat.“

Das Leben also ein Spiel, das in der Regel tödlich endet; wer es gelassen durchsteht, ohne von größeren Schicksalsschlägen gebeutelt zu werden, darf wohl schon von Glück reden. Ein gutes Gelingen ist damit noch nicht angezeigt, zumal das Gute, wie im übrigen alles andere auch, bezweifelt werden kann. Cioran, der den Zweifel zur metaphysischen Kunstform erhoben hat, ist seinen Anfängen bis zum Ende treu geblieben. Den Erkenntnissen seiner schlaflosen Nächte bewahrte er ein ehrendes Andenken; sie begleiteten ihn, ein Leben lang, und sind auch heute noch, da ihr Urheber leider nicht mehr unter uns weilt, von erfreulich zweifelhaftem Nutzen: „Das Nichts lag in mir selbst, ich brauchte es nicht zu entdecken. Ein Vorgefühl davon hatte ich schon als Kind, durch die Langeweile, diesen Schlüssel zu abgründigen Entdeckungen. Auf einmal hatte ich dieses Gefühl der Leerheit, das Gefühl, an jenem Nachmittag, mit fünf Jahren, daß ich außerhalb der Zeit sei. Das habe ich seit damals immer wieder gespürt, es ist eine fast tägliche Erfahrung geworden.“

Cioran. Pesimismo contra la depresión

Se cumplen 100 años del nacimiento del escritor y pensador rumano

http://www.publico.es/culturas/368239/cioran-pesimismo-contra-la-depresion

La cosa empieza fuerte. “La gente me produce asco, tengo asco hasta de mí mismo. Deseo una destrucción completa de todo lo humano, incluidos ellos e incluido yo, ya que no soy especial ni mejor que ellos”. Esta carta de amor al género humano salió de la boca del filósofo, pensador y escritor rumano Emil Mihai Cioran (Rasinari, 1911París, 1995), del que el 8 de abril celebraremos alborozados el centenario de su nacimiento.

Criado en un pueblo olvidado de las profundidades de Transilvania, Cioran no vivió lo suficiente allí como para convertirse en un vampiro, aunque su visión de la existencia es más oscura que la capa del Conde Drácula. Hijo de un sacerdote ortodoxo, Cioran estudió en la Universidad de Bucarest, donde, en 1928 conoció a dos figuras claves de la cultura centroeuropea del siglo XX: Mircea Eliade y Eugène Ionesco.

“Su principal virtud fue convertir la tragedia en un festín de humor negro”

En 1937 se trasladó a París para estudiar en el Instituto Francés. Escribiría en la lengua de Voltaire hasta el resto de sus días. ¿Sus temas predilectos? La alienación, el tedio existencial, el absurdo de la existencia humana, el sopor, la inutilidad de cualquier empresa, el cáncer de la razón, la agonía de vivir… En dos palabras: la juerga.

Sí, la juerga. Porque, contra la creencia de que Cioran es el escritor ideal para leer antes de arrojarte por el Viaducto de Segovia, se rebelan pensadores como Héctor Subirats, autor del ensayo El escepticismo feliz (Mondadori, 1989). “La gente lo tiene por un pensador metafísico y pesimista. Que si está influido por el alma rusa y el alma judía. Que si esto y que si lo otro. Para mí Cioran es un revulsivo contra la depresión. Es un humorista profundo. Convierte la tragedia en un festín de humor negro. Se ríe de Dios y de todo el mundo”, afirma Subirats, que visitó al escritor rumano en su casa de París el 5 de octubre de 1981. Subirats será uno de los ponentes del homenaje a Cioran organizado por el Círculo de Lectores y el Instituto Cultural Rumano, que albergará el evento los próximos 29 y 30 de marzo.

El humor teñido de amargura de Cioran se basa en el choque de contrarios, en una reflexión filosófica que pone en cuarentena todos los dogmas y verdades que alimentaron el siglo XX. Cioran fue un posmoderno prematuro. Un escéptico que apostó por la información fragmentada ante la imposibilidad de construir un relato.

“Plasmó su decepción ante el espectáculo del mundo”

Un célebre escéptico

“El principal legado de Cioran es su estilo. Transformó su visión pesimista de la existencia humana en aforismos entrecortados. En esos breves textos plasmó su decepción ante el espectáculo del mundo, de la Historia y del comportamiento humano. Es uno de nuestros escépticos más célebres. El hermano molesto”, cuenta José Ignacio Nájera, autor de El universo malogrado. Carta a Cioran (Tres Fronteras, 2008), que también participará en el homenaje al pensador rumano.

Nadie podrá acusar a Cioran de no haberse aplicado su propio cuento. Sólo encontraba sentido a la existencia escribiendo sus diatribas. Salvo que, ¡ay!, odiaba escribir con todas sus fuerzas. Como fiel creyente de la religión de la inutilidad de cualquier acto, Cioran se ponía de los nervios cada vez que se enfrentaba a la página en blanco. Y no digamos ya si de lo que se trataba era de publicar.

De la mañana a la noche, el sopor era su estado natural. ¿La solución a su crisis creativa permanente? Escribir aforismos fugaces, relatos fragmentados, símbolos de una realidad quebrada donde las verdades absolutas habían pasado a mejor vida y las certezas iban camino del desolladero. O la única forma de escritura posible para un hombre perezoso y absolutamente convencido de que toda acción humana conduce al callejón sin salida del sinsentido.

“Concebir un pensamiento, un solo y único pensamiento, pero que hiciese pedazos el universo”, escribió una vez un enfervorecido Cioran. Justo antes de, suponemos, arrojar su máquina de escribir al fuego del infierno… y desplomarse abatido en el sofá.

Cioran y la muerte

El pensamiento de este filósofo maldito está de rabiosa actualidad, porque va en contra de todo lo que pueda proporcionarnos una cierta seguridad
10.05.11 – 03:14 – JOSÉ CARLOS RIVERA FERNÁNDEZ | PROFESOR DE FILOSOFÍA
Se conmemora este año el centenario del nacimiento de Émile Michel M. Cioran, uno de los malditos de la filosofía. Cioran era un escritor de mérito reconocido y me imagino que tendrá cierta repercusión mediática a lo largo de todo lo que queda de 2011. Voy a analizar en las líneas que siguen -haciendo un ejercicio de fraterna cercanía con él, que se consideró siempre un común mortal- uno de los temas favoritos de su filosofía fragmentaria: la muerte.
A Cioran se le ha encasillado siempre en la categoría de filósofo nihilista, aunque él decía que eso era «una categoría escolar de clasificar su filosofía». El nihilismo (del latín ‘nihil’, nada, vacío) consiste en percibir que la vida no tiene sentido y en el sentimiento de absurdo y de vacío de la existencia que acaba en la negación del valor de la vida, pues somos seres que tenemos un recorrido común, hasta que al final morimos. Para Cioran, el nihilismo era un dogma. Todo es insustancial, lleno de ficciones, pero la ‘nada’ es un programa que se convierte en sistema; por eso no se consideraba un nihilista. Vivía rodeado de contradicciones, pero no sufría por ellas. No era sistemático, porque no mintió para encontrar soluciones y nunca buscó conciliar lo irreconciliable. No creía que todo fuera un sinsentido, sino que todo es innecesario. La vida es un camino hacia la muerte; vivir sin el sentimiento de la muerte significa vivir instintivamente, sin prestar atención a su eterna e inquietante presencia; pero la muerte es intrínseca a la vida misma. La existencia humana está llena de frustraciones, todo es baladí, con pocas esperanzas, pero también tiene un cierto encanto, irrefutable e irresistible; nos reímos de nuestras amarguras, pero al contradecirnos hace que la vida valga la pena de ser vivida.
Pero, ¿qué es la vida? Si le preguntamos a un filósofo, nos llenará de palabras; si le preguntamos a un biólogo, nos dirá que las características más generales de un ser vivo son el desequilibrio termodinámico, el metabolismo, la reproducción y la evolución por selección natural. Los organismos somos excepciones cósmicas, nadamos en contra de la corriente pero por una casualidad. En nosotros, los seres vivos, se mantiene la organización, el orden y la temperatura, y se reduce la entropía. Todo en nosotros es desequilibrio. Por eso somos improbables desde el punto de vista termodinámico, somos seres alejados del equilibrio. La muerte es el retorno al equilibrio, de ahí que también debemos hablar de ella porque es algo tan natural como la vida.
La existencia nos depara un estado de ánimo ingenuo y proclive a la reflexión. Nos distraemos de nuestra futura extinción en la ‘nada’, poniéndola entre paréntesis, aunque sepamos que nada la borrará del todo. Al final de cada amor, de cada amanecer, de cada noche, de cada ebriedad, de cada escrito, la caducidad aparece porque es nuestra esencia. Escribía Cioran: «Cuando se piensa en la muerte, no se puede tener una profesión. Sólo se puede vivir como he vivido yo, al margen de todo, como un parásito. La sensación que siempre he tenido ha sido la de inutilidad. Filosóficamente, es de lo más normal que todo nos parezca inútil. ¿Por qué habríamos de hacer algo? ¿Por qué? Creo que toda acción es fundamentalmente inútil y que el hombre ha frustrado su destino, que era el de no hacer nada».
Los existencialistas, como Albert Camus, creían que el único problema filosófico verdaderamente importante era saber si la vida merece o no ser vivida. Mientras que unos mueren porque juzgan que la vida no es digna de ser vivida, otros mueren defendiendo ciertas ideas, las cuales constituyen su razón para vivir. «Una razón para vivir es al mismo tiempo una razón para morir». Por lo tanto, ¿tiene sentido la vida? Somos sin que hallemos razón a nuestra existencia y, por tanto, somos existencia sin esencia. La existencia del ser humano está limitada por la muerte, es «ser para la muerte». Decía Heidegger que la muerte era «la imposibilidad de toda posibilidad». Estamos inmersos en un tiempo finito, limitado, pero sólo puede haber identidad de aquello que tiene límites; el nacimiento y la muerte son nuestros límites.
Así, para Platón, «filosofar es aprender a morir»; morir no es sólo dejar de ser, es también saber que se va a dejar de ser. La filosofía debe prepararnos para este hecho. Epicuro nos decía que una de las funciones de la filosofía era eliminar el temor a la muerte. Según él, la muerte es un problema aparente: mientras nosotros somos, ella no está, y cuando ella está, nosotros ya no somos. Pero conocer este argumento no nos ha servido de mucho, porque, en realidad, cualquier consideración subjetiva sobre la muerte contiene en sí misma un problema lógico. Yo no soy. ¿El «yo soy» no excluye el ‘no’? No, si al afirmarlo yo salgo de mí mismo y considero mi no-ser o no-ser-aquí como un factor objetivo. O, dicho de otra forma, desde el punto de vista del que sobrevive. Es verdad que el «yo soy» no admite el ‘no’ si permanezco en mí mismo y comprendo mi yo en los únicos términos que tiene sentido para mí: como un yo que está, que es. El acontecimiento de mi morir es comprensible sólo para los que sobreviven.
Tras estas reflexiones creo que el pensamiento de Cioran está de rabiosa actualidad, porque va en contra de todo lo que pueda proporcionarnos una cierta seguridad. En esta nueva realidad en la que estamos inmersos, después de esta crisis mundial, se acaba una civilización que izaba todas las banderas del progreso: el sentido de la historia, los derechos humanos, la justicia distributiva, la moral del trabajo, la economía productiva al servicio de la sociedad, el sentido ético de la política, los derechos de los trabajadores, el Estado como armonizador de los intereses particulares con el interés común. Mitos en los que ya nadie puede seguir jugando a creer. El trabajo nos arrebata tiempo para vivir plenamente, porque, en vez de trabajar cada vez menos, el turbocapitalismo quiere que trabajemos y produzcamos más por unos salarios cada vez más indignos. El tan cacareado ‘progreso’ ha resultado ser una imbecilidad maquinal para muchos millones de personas y miseria bestial para dos tercios de los habitantes de este planeta, que ni siquiera tienen la posibilidad de aspirar a una existencia digna. Por eso tenemos que ser lúcidos, como lo fue Cioran, es decir, perspicaces, para destruir lo que se consideraron «verdades eternas» y que no son más que mitos a los que nos hemos aferrado los seres humanos.
Este mundo civilizado se está pudriendo, es un mundo con valores religiosos, morales, sociales y políticos caducos que lo van llevando hacia su inminente muerte. ¿No será entonces que el único objetivo de la vida es, sin más, percibir lo que acaece, porque todas las cosas que tienen un principio tendrán un fin?

La odisea del rencor

El Espectador24/03/2011

EL PRÓXIMO 8 DE ABRIL se cumplen 100 años del nacimiento de Emil Michel Ciorán. Escritor sensato, claro y escéptico fallecido en 1995, su obra se ha convertido en una referencia de culto.

Fernando Araújo Vélez (*)

Quienes lo conocieron, aquellos que le escribieron suplicantes cartas a su departamento en la calle Odeón, en pleno centro de París, para que los recibiera, dijeron luego que el mayor de los secretos guardados por Emil Michel Ciorán era su extrema amabilidad. Era cálido, sostuvieron. Sonreía, y así, sonriente, decía cosas como “Todo pensamiento nos debe llevar a la ruina de una sonrisa”, o “Mi misión es matar el tiempo, la suya, matarme a mí. Se está perfectamente a gusto entre asesinos”. Cuando Ernesto Sábato habló con él, a finales de 1989, escribió que “contrariamente a lo que muchos presuponen y a lo que yo mismo pensaba, me sorprendió aquel hombre amable, menudo y apesadumbrado, predicador de un nihilismo que no coincidía con él. Más bien era un gran pesimista, por momentos subyugado por un otro, escéptico y descreído. Pero siempre con una sonrisa. En ningún momento un huraño indiferente, por el contrario, uno de esos hombres solidarios con la ‘desventurada muchedumbre’, como dijera Mallarmé, en búsqueda de alguien que exprese su desazón y su tormento. Quizá podamos referir a él la frase de Strimberg: ‘No detesto a los hombres, tengo miedo de ellos’ ”.

Dijo que conversaron por más de cuatro horas, que en aquella charla descubrió “la coherencia de un hombre auténtico”, y que compartieron pensamientos de notable similitud. Si Sábato creía que “vivir es irse desilusionando”, Ciorán lo confirmaba con “Todo se puede sofocar en el hombre, salvo la necesidad del Absoluto, que sobrevivirá a la destrucción de los templos, así como también a la desaparición de la religión sobre la Tierra”. Pasados varios años de aquel encuentro, Sábato plasmó en Antes del fin que tenía la convicción de que el dolor metafísico de Ciorán “se habría aliviado si hubiese podido escribir ficciones, por su carácter catártico, y porque los graves problemas de la condición humana no son aptos para la coherencia, sino únicamente accesibles a esa expresión mitopoética, contradictoria y paradojal, como nuestra existencia”.

Otros, como el poeta Gonzalo Márquez, revelaron que Ciorán guardaba sus libros con el canto hacia afuera para no dejarse influir por tipos de letra o colores a la hora de elegir sus lecturas. Su amargura, sentenciaban ellos y él, Márquez, era tan sensata, tan inteligente, que lejos de ser una puerta abierta hacia el suicidio, una invitación al suicidio, era una razón de vida. Ya que nada tenía sentido, la vida se desparramaba con sus cientos de miles de posibilidades. Ciorán sólo pedía, como el poeta León Felipe, que le hicieran un lugar para descansar con su amargura, “Hazme un sitio en tu montura, caballero derrotado, hazme un sitio en tu montura que yo también voy cargado de amargura y no puedo batallar”.

“Desconfío de todo aquel que quiere mandar sobre otros. Esa arraigada tendencia, común a tanta gente… ¿es una superioridad, un defecto? Yo creo no poseerla. Siento la idea misma de dar una orden como algo ajeno. Y recibirla, más todavía. Ni maestro, ni esclavo. Eternamente, nada”. Ciorán nunca fue ni un maestro ni un esclavo. Tampoco un nihilista del todo ni un diletante. “Mi fuerza es no haberle encontrado respuesta a nada”. Quiso ser ciclista, e incluso corrió un Tour de Francia con la excusa de terminar una tesis. El sudor y la entrega, la fatiga, eran una especie de bálsamo para su hiel.

Pregonaba el vacío, pero amaba la existencia. Condenaba el amor, “Si en la jerarquía de las mentiras la vida ocupa el primer puesto, el amor le sucede inmediatamente, mentira en la mentira”; rescataba a la mujer, “Si las prefiero a los hombres es porque ellas tienen la ventaja de ser más desequilibradas, es decir, más complicadas y cínicas, por no hablar de esa misteriosa superioridad que confiere una esclavitud milenaria”; exaltaba la miseria, “Todas nuestras humillaciones provienen de que no podemos resolvernos a morir de hambre. Pagamos cara esa cobardía. ¡Vivir en función de los hombres, sin vocación de mendigos! ¡Rebajarse ante esos macacos encorbatados, suertudos, infatuados! ¡Estar a merced de esas criaturas, indignas hasta de desprecio!”.

Ciorán nació 100 años atrás, el 8 de abril de 1911, en Rasineri, actual Rumania, y en aquel entonces, parte del imperio austro-húngaro. Era hijo de un recalcitrante sacerdote ortodoxo, como Nietzsche. Como él, el exceso de Bien y Mal, de Blanco o Negro, lo marcaron a sangre. “Un ser poseído por una creencia y que no buscase comunicársela a otros es un fenómeno extraño a la tierra, donde la obsesión de la sal