“Cioran : triompher de la vie par la mort” (Alexis Bertel)

PHILITT – Revue de Philosophie et de Littérature,  20 mars 2015

Par Alexis Bertel

Emil Cioran, né dans les Carpates, en Roumanie, ressent très tôt le besoin de coucher ses pensées sur le papier. Le penseur va faire du désespoir le centre de sa réflexion philosophique. À ses yeux, le suicide apparaît comme un moyen de supporter le caractère absurde de l’existence.

Contrairement à Sartre qu’il envisage comme un entrepreneur d’idées, Cioran écrit sans jamais élaborer de système de pensée et a plutôt tendance à rédiger des recueils d’aphorismes où l’instinct et la sensation semblent prendre le pas sur l’intellect. De plus, les aphorismes ont la faculté de décupler la force du propos et viennent ainsi s’imprimer efficacement dans notre esprit. Cette forme d’écriture facilite l’appropriation de ses pensées et une rumination (comme dirait Nietzsche) propice à la réflexion.

L’écrivain, qui a suivi une formation philosophique, décide de s’installer en France à partir de 1937 après une jeunesse marquée par un certain attrait pour le fascisme et par son soutien à la Garde de fer roumaine. Il fera d’ailleurs son autocritique dans un texte écrit en 1950 et dans ses œuvres qui se positionneront par la suite contre cette erreur de jeunesse. Que cela soit l’absurdité de la vie, sa futilité, la nature ou la condition humaine, rien n’est épargné par son réalisme décapant même s’il est parfois possible de percevoir une pointe d’ironie : « [Les hommes] se haïssent mais ils ne sont pas à la hauteur de leur haine. Cette médiocrité, cette impuissance sauve la société, en assure la durée et la stabilité. » [+]

“Cioran, el suicidio como proyecto de vida” (Jairo Alberto Cardona Reyes)

En Reflexiones marginales

En el presente trabajo trataremos de mostrar cómo el filósofo rumano Emil Cioran reflexiona sobre la idea del suicidio, la cual permite traer a primer plano el tema de la vida, pues sólo por aquel se pone en tela de juicio la importancia y la necesidad de vivir y nos lleva a repensar la existencia misma.

Cioran estaba obsesionado con el tema de la muerte y el sinsentido de la existencia,de los cuales, afirmaba, no podemos liberarnos. La existencia, para Cioran, no tiene sentido, ya que no escogimos nacer, ante ella sólo nos queda la libertad y dos opciones: podemos elegir el suicidio o elegir el desafío. Dicho desafío es el que Cioran asume reflexionando sobre su propia muerte por medio de la escritura, esa propuesta que hace al distanciarse de algún modo de su deseo de muerte, convierte la reflexión en una necesidad, en una purga, expresando, a la vez, lo que siente y dejando que el lector saque sus propias conclusiones. Al mismo tiempo, nos muestra implícitamente su aprecio por la vida misma, que es la única que otorga la posibilidad del suicidio.

Este trabajo pretende acercarse más a esa posición de resistencia, en la cual Cioran contempla el suicidio a distancia, vislumbrando sus implicaciones existenciales, por las cuales puede comprender el suicidio del otro como si fuera el suyo propio, es decir, reconoce al suicida como a un igual, tratando de comprender e incluso defendiendo tal acción como una elección libre que cualquier persona puede tomar. Dicha apreciación del suicidio se da a modo de una introspección, proponiéndolo como una experiencia de vida y como un proyecto… [+]

“Le moi cioranien, souffrant et créateur. Ambivalences spirituelles” (Yann Porte)

Parus dans Levure Littéraire

Naître comme vieillir, haïr comme aimer. Tout est souffrance. Etre uni à un destin et à un moi que l’on n’a pas fondamentalement choisi tout comme sentir que l’on en sera un jour dissocié pour que tout recommence autrement. Voilà l’un des premiers enseignements du bouddhisme. Pour échapper à ce que beaucoup considèrent comme une malédiction, il faudrait apprendre à se détacher du monde, à tuer tout esprit de convoitise en soi afin de sortir du cycle des réincarnations ou, du moins, trouver le moyen de renaître pour affronter un meilleur destin. Schématiquement résumés, ces quelques fondements du bouddhisme connaissent en Occident un succès d’autant plus équivoque qu’ils heurtent de front et avec un aplomb qui frôle l’inquiétante étrangeté le mode de fonctionnement des sociétés du spectacle consumériste. Le plus étonnant pour un occidental est que cette doctrine qui est autant une philosophie qu’une religion et dont les principes de base véhiculent une vision de l’existence qui a l’air pessimiste, parvienne à transfigurer ce tragique initial en une spiritualité dont les piliers sont l’acceptation, le renoncement, la sobriété, l’humilité. Autant de valeurs qui découlent d’une stricte analyse de l’ordre des choses effectuée à travers le prisme d’un principe de causalité tourné vers l’extinction de l’ego, vers une dépersonnalisation sublimée. Le plus étonnant, en apparence, est que cette doctrine qui fait du moi une illusion trouve une audience toujours plus large dans l’Occident contemporain, faussement hédoniste, consumériste par habitude et individualiste à la manière d’un désespoir qui s’ignore – pour ne décrire que quelques uns de ses traits les plus caractéristiques. Durant sa vie, Cioran essayera de faire le point sur sa confrontation permanente avec cette spiritualité à la fois si tentante et si impraticable pour lui :

Ce qui est impermanent est douleur ; ce qui est douleur est non-soi. Ce qui est non-soi, cela n’est pas mien, je ne suis pas cela, cela n’est pas moi. »(Samyutta Nikaya)

Ce qui est douleur est non-soi. Il est difficile, il est impossible d’être d’accord avec le bouddhisme sur ce point, capital pourtant. La douleur est pour nous ce qu’il y a de plus nous-mêmes, de plus soi. Quelle religion étrange ! Elle voit de la douleur partout et elle la déclare en même temps irréelle. (Oeuvres, Aveux Anathèmes, p. 1690)

Aussi fascinante qu’elle soit, l’impassibilité bouddhique ennuie « l’implacable in-délivré », cloîtré dans son expérience gnostique. Cioran est un claustrophobe cosmique emmuré à ciel ouvert et les tristes parois de son cachot ont les dimensions de l’univers entier. Enfin, il s’avoue inapte à pratiquer une religion qui s’acharne à mortifier le désir et la volonté, sans parler de l’exaltation ou des passions, ces nécessaires moteurs de toute entreprise humaine… [+]

“El insomnio de Cioran” (Willis G. Regier)

“Cioran’s Insomnia”, en MLN, Volume 119, Number 5, December 2004 (Comparative Literature Issue), Johns Hopkins University. Versión de Rodrigo García Bonilla. Descargables [ensayo], 4, en Fundación. Revista en Línea, núm. 6, abril – mayo 2013.

Insomne de carrera, Cioran hizo del insomnio un laboratorio —lugar poco cómodo para trabajar a gusto. En 1970 le confesó a François Bondy: “sólo he podido escribir en la melancolía de las noches de insomnio”. En 1994 le dijo a Michael Jakob que consideraba el insomnio como la “mayor experiencia” de su vida. Cioran describía “un drama que duró muchos años y que me ha marcado por el resto de mis días. Todo lo que he escrito, todo lo que he pensado, todo lo que he elaborado, todas mis divagaciones tienen su origen en ese drama. Fue más o menos a los veinte años cuando perdí el sueño y lo considero el mayor drama que pudo ocurrir… Erraba por horas en las calles, como una especie de fantasma, y todo lo que escribí más tarde fue elaborado durante aquellas noches”. Adam Gopnik dijo que Cioran consideraba no haber dormido durante cincuenta años: “Esta afirmación, concuerdan los doctores y el sentido común, era una exageración poética; sólo se preocupaba demasiado por tener un buen descanso en la noche. Pero la insistencia en vestir sus piyamas como cilicios, en hacer absoluto su insomnio —un tipo de estado mental simbólico—, era, en un país tan afecto a los absolutos como Francia, irresistible”. El insomnio se convirtió en su rúbrica, un tema trascendental que lo vinculó con otros insomnes; durante el curso de su carrera nombró a Hitler, Nerón y Mallamé. “Para Mallarmé, condenado —creía él— a velar las veinticuatro horas, el sueño no era una ‘verdadera necesidad’ sino un ‘favor’. Sólo un gran poeta puede permitirse el lujo de tal insania”… [+]

 

“E.M. Cioran, or God Doesn’t Wear a Cane” (Andrei Codrescu)

Originally published in the American Book Review, vol. 1, no. 5, December/January 1978

In my bed of pain, with a crown of ice cubes araund my foot, I was proof that Paris is the best skateboarding town in the world. The square at St. Sulpice had run from under me like Los Angeles had from under Fred Astaire, to show me, possibly, that I wasn’t as young as my son. But the pain in my foot wasn’t as bad as the ache in my heart because now I couldn’t see the hero of my adolescence with whom, by clever and devious means, I had obtained an interview. I looked over the radiator at the roofs of Montparnasse eight floors down, and called Emil Cioran to tell him that I couldn’t make it that evening, that I was a cripple.

It is not pity, it is envy the tragic hero inspires in us, that lucky devil whose sufferings we devour as if we were entitied to them and he had cheated us of them. Why not try to take them back from him? In any case, they were meant for us … To be alI the more certain of that, we declare them our own, aggrandize them and give them excessive proportions; grappIe or groan before us as he will, he cannot move us, for we are not his spectators but his rivals, his competitors in the theatre, capable of supporting his miseries better than he is … (The Temptation to Exist 194)

Ever since I remember (and my memory only goes as far as my literate beginnings) I experienced that frisson of awe and envy at mention of Cioran’s name. Born in my hometown of Sibiu in Transylvania, he was a legend before I read him. Forbidden by the Communists, his books bumed with a flame that went way beyond their content, In the Iycee (the same one he had attended) I would positively dissolve at the thought that one day I might be good enough to meet him. The dazzling fantasy of being in Paris talking to Emil Cioran exhausted me. Here I was, at the core of my fantasy, unable to shake his hand. I was a tragic hero, not because of my wounded foot which they might or might not saw off, but because I couldn ‘t see him… [+]

“Notas sobre Cioran e Nietzsche” (José Thomaz Brum)

Fonte: O que nos faz pensar (revista do departamento de Filosofia da PUC-Rio), nº 35, dezembro de 2014 [Pdf]

Resumo: Este artigo procura estudar algumas observações da obra francesa do filósofo romeno Emil Cioran (1911-1995) que se referem a Nietzsche, particularmente as relativas à ideia de além-do-homem (Uebermensch).
Palavras-Chave: Cioran; Nietzsche; além-do-homem (Uebermensch); aforismo; ceticismo.

Abstract: This paper aims to study some remarks of Emil Cioran’s French work concerning Nietzsche, particularly the idea of Overman (Uebermensch).
Key-words: Cioran; Nietzsche; overman (Uebermensch); aphorism; skepticism.

Nietzsche foi um ídolo para Emil Cioran, segundo suas próprias palavras . Tendo praticado o filósofo alemão na juventude, Cioran deixou-se impregnar por esse pensamento orgânico, assistemático, fragmentário que consegue abarcar todas as nuances da experiência humana. Se, por vezes, Cioran é considerado um “Nietzsche contemporâneo” (como afirma o seu biógrafo Gabriel Liiceanu), pode-se igualmente afirmar que o seu “ídolo de juventude” foi criticado várias vezes em sua obra. Nosso trabalho procurará expor algumas reflexões cioranianas sobre Nietzsche que estão dispersas em sua obra francesa, do Breviário de decomposição (1949) aos Cahiers (1997).

No célebre Breviário de decomposição, o livro de Cioran “mais famoso e mais representativo”, Nietzsche é citado como aquele que produziu “verdades de temperamento” . Em Nietzsche, assim como em Kierkegaard, a filosofia se mistura à “confissão”, um “grito da carne” se torna pensamento, e o filósofo revela o temperamento que o constitui. Segundo Cioran, Nietzsche não é propriamente um “filósofo”, mas um “pensador”, no sentido da frase de Ecartèlement (1979): “os filósofos escrevem para os professores, os pensadores para os escritores”. Mas Nietzsche é descrito também como aquele que “nos cativa por suas incompatibilidades”. E Cioran sublinha o que considera “o divórcio de suas opiniões e suas tendências”: “Nietzsche, cuja obra inteira não passa de uma ode à força, arrasta uma existência raquítica, de pungente monotonia”. Aliás, devemos observar que Cioran aprecia realmente em Nietzsche esse “desacordo entre sua vida e seu pensamento”. É essa contradição que torna Nietzsche interessante, moderno… [+]

Cioran: the burden of existence

Preludes and Refrains

Is it the knowledge of good and evil or the expulsion from the garden that constitutes man’s original sin? Whatever the case, it is at least plausible that “we are still not thinking”. Modernity, then, is still an “unfinished project” inasmuch as we have yet to think. And yet the original moment of “disenchantment” that dispelled the old gods continues to go under the name of an “idolatrous” science. We fail to think and yet it is because we are so successful at being dialectical that we have returned to the need for the old mythologies of earth, spirit, and the Absolute. In other words, true to form, it is our failure to be dialectical (we have not yet, it seems, reached the end of history) that indicates our great success at being dialectical.

This is why, because our philosophy has called us from slumber, insomnia and boredom are the…

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